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A CESAR CE QUI EST A CESAR ET A DIEU CE QUI EST A DIEU !

AVEZ-VOUS COMPRIS : DIEU OU CESAR ? OU DIEU ET NON CESAR ? OU L’UN ET L’AUTRE?

  1. CESAR N’AVAIT PAS AUTRE SOCIÉTÉ QUE CELLE DANS LAQUELLE JESUS ET SES DISCIPLES VIVAIENT…

18 octobre 2020 : Fête de Saint Luc. Mais c’est aussi la Célébration des Domund, la célébration de la Journée de l’Evangélisation des Peuples. C’est une journée pour rendre grâce à Dieu pour tous les missionnaires religieux ou lacs qui ont évangélise le Tchad et continuent de le faire. Le Tchad continue d’être un pays de mission, aussi bien par manque de pasteurs tchadiens que par le dynamisme propre de l’Eglise en ce contexte global de la Nouvelle Évangélisation des peuples. Et hier comme aujourd’hui, l’Evangile interpelle la société.

Ce 29ème Dimanche du Temps Ordinaire de l’Année A, les textes que l’Eglise nous propose nous invitent à réfléchir sur nos engagements concrets dans la vie sociopolitique. Dans la situation actuelle du Tchad, en contexte de confections des listes électorales mais aussi des débats qui se mijotent au sujet du Drapeau et de l’Hymne National, il est bon pour nous d’écouter et d’intégrer le message de l’Evangile dans nos vies. Dieu se sert des instruments humains pour gérer les humains, dans la société. Dans celle-ci interviennent des acteurs divers. Et l’Eglise en est une. Pendant longtemps, l’Eglise a été aux affaires de la société, à la gestion de la société. Le concept politique implique une réalité complexe que l’on ne saurait définir aisément. Elle est comme un phénomène central dans la vie et l’histoire des sociétés humaines. Le Dictionnaire Robert définit la politique comme « l’art et la pratique du gouvernement des sociétés humaines » ou « la manière de gouverner un Etat (politique intérieure) » ou de « mener les relations avec les autres Etats (politique extérieure) ». Cette définition ne satisfait pas tout à fait car on sait qu’en politique, il y a des techniques, le jeu politique… ce qui suppose une grande habileté. Certains parlent même de l’art du compromis. De nos jours cet art de compromis es devenu tel que personne ne comprend qu’un homme puisse faire de la politique (alors que si la politique est la gestion de la chose commune, le consacré aussi devrait y avoir sa participation…). La première lecture de ce dimanche (Is 45, 1.4-6) nous montre que Dieu d’Israël, et Dieu Seigneur  et qu’il y en a pas d’autre ; Il sauve son peuple. Et l’Evangile de ce jour ne facilite guère cette compréhension de la gestion commune des choses publiques, ou plutôt des gestions communes des choses communes…

  1. LE ROYAUME DE DIEU N’EST PAS EXCLU D’EMBLEE DU MONDE SINON SE CONSTRUIT DANS LE MONDE

Jésus-Christ a annoncé la venue du Royaume de Dieu qui sera différent de tous les autres jusqu’ici connus. Et donc tout le monde, en son temps du moins, attendait de voir comment allait se réaliser ce royaume annoncé. Quant à dire que ce royaume se construit sur la Nouvelle Loi, personne ne comprend exactement ce que Jésus voulait dire. Et il se fonde sur une loi personnelle et libre : celle de l’Amour. Mais le royaume de Dieu, ne commença pas vraiment comme attendu (il n’est pas règne terrestre…). Dès lors, les disciples de ce Jésus de Nazareth commencèrent une vie de citoyens du monde et de disciples du Christ (chrétiens) qui allait initier le cheminement de la vie chrétienne au regard de la politique. Désormais il s’agira de parler des rapports que les chrétiens entretiendront avec les pouvoirs politiques en tant que corps (Eglise, comme ayant reçu une mission) ou en tant que citoyens (leurs engagements sociopolitiques). La société sera donc vue d’un point de vue politique ou religieux ou les deux en temps. Politique et religion sont deux réalités de la vie humaine car l’homme peut être considéré à la fois comme un être social et religieux.

  1. QUID ? A CESAR CE QUI EST CESAR ET A DIUE CE QUI EST DIEU ?

La religion et l’organisation ecclésiale qui en découlent sont eux-mêmes des faits culturels et politiques. Dans le Nouveau Testament, le conflit se noue particulièrement à propos de l’attitude requise par rapport aux autorités civiles. Il y a toujours des approches qui nous interrogent dans la vie de Jésus. Retenons deux choses:

  1. a) un appel à la soumission que Jésus et plus tard Paul ont lancé : “Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu” (Mc 12, 17; Mt 22, 21 ; Lc 20, 25). Saint Paul est même plus légaliste qui dit : ‘’Rendez à chacun ce qui lui est dû: l’impôt, les taxes, la crainte, le respect, à chacun ce que vous lui devez.” (Rm 13, 7). Ou encore : “Rappelle à tous qu’ils doivent être soumis aux magistrats, aux autorités, qu’ils doivent obéir, être prêts à toute œuvre bonne…” (Tt 3, 1). Mais Jésus a toujours dénoncé les lois quand elles sont injustes ou immorales.
  2. b) une remise en question de l’autorité (contestation). L’exemple de Jésus nous éclaire: “Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut.” (Jn 19, 11). Et les apôtres formuleront le principe directeur d’une telle attitude lors des procès qui leur seront intentés: “Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.” (Ac 5, 29; voir aussi 4, 19). Mais Jésus s’est soumis à la Loi Juive pour croitre, et attendre son heure…

L’exigence de soumission a été interprétée comme de l’opportunisme politique. Paul et les Eglises du premier siècle ‘’utilisent’’ les autorités civiles, parce qu’ils se rendent compte qu’elles peuvent les aider à accomplir leur œuvre: Paul n’hésite pas à avoir recours à ces autorités, pour sa propre protection, et notamment, pour échapper aux Juifs qui veulent le mettre à mort. Paul appelle à la soumission pour des raisons théologiques: “Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui.” (Rom 13, 1). La portée politique de l’argument devra être vue comme une reconnaissance de l’importance des autorités civiles, et, par la suite, à toutes les lois promulguées par la société. En effet, les instances civiles ont un rôle à jouer dans ce domaine et on pourrait même dire que c’est pour cette raison qu’elles méritent le respect, et ne peuvent pas être contestées de manière arbitraire. Mais cela vaut la peine quand les lois sont justes. Autrement dit, le chrétien doit œuvrer pur qu’elles changent, pour qu’elles n’oppriment pas l’homme. Les lois devraient maintenir l’homme debout en société et non pas l’écraser en société. C’est pour éviter les violences arbitraires d’une situation ‘’Etat de nature’’ que les hommes se sont réunis, concertés et ont établi des lois…

            CONCLUYONS AVEC NOTRE MERE L’EGLISE

Que chaque chrétien considère ce qui suit comme une invitation.

L’Eglise a donc bien un rôle à jouer dans le domaine de la politique, de la société. Pour le pape Jean XXIII, dans “Mater et Magistra” (encyclique de1961), l’Eglise joue le rôle de mère et d’éducatrice des peuples. Elle est ainsi amenée à promulguer des règles, et à donner des instructions morales, dont l’autorité doit être reconnue. Seulement, il faut éviter, dans ce domaine, de trop restreindre la portée du mot ‘Eglise’: il ne s’agit pas seulement du magistère (comme autorité morale), mais de l’ensemble du peuple de Dieu, au sein duquel différentes fonctions sont attribuées aux différents membres. Et pour cela, nous pouvons rappeler les différentes charges et fonctions de l’Etat du Vatican. Et plus récemment encore le Pape François rappelle aux chrétiens leur devoir de contributeurs de la société juste dans laquelle tous les hommes ont leur place. Dans son message du 1er janvier 2019, le Pape François disait que la bonne politique promeut la participation des jeunes et la confiance dans l’autre: «La vie politique authentique, qui se fonde sur le droit et sur un dialogue loyal entre les personnes, se renouvelle avec la conviction que chaque femme, chaque homme et chaque génération portent en eux une promesse qui peut libérer de nouvelles énergies relationnelles, intellectuelles, culturelles et spirituelles. Une telle confiance n’est jamais facile à vivre, car les relations humaines sont complexes» .

Que chaque considère ce qui est à César, dans son contexte et ce qui est à Dieu selon ses convictions religieuses, mais que tous nous nous retrouvions sur le terrain des actions concrètes pour le bien de tous. Si tous, selon nos convictions et pratiques religieuses, nous agissons bien conformément à celles-là, nos pays seraient plus vivables que ce qu’ils sont maintenant pour les populations. Dans la même où vivaient Jésus et ses disciples, le Seigneur leur demande de payer l’impôt à César, autrement dit respecter les lois mais il leur dit aussi de dénoncer le mal, les injustices, toutes formes de mal, etc. Dénoncer le mal n’est pas un acte mauvais pour le chrétien. L’acte mauvais pour le chrétien c’est de couvrir le mal sous toutes ses formes sociales, culturelles, économiques, politiques et structurelles.

Dimanche, 18 octobre 2020

La fete de Saint Luc.

P. Camille, sj.

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