Eglise et ses organisations. Les structures.

Eglise et ses organisations. Les structures.

ÉGLISE ET ORGANISATIONS SOCIALES.

http://http://www.vatican.va/content/romancuria/fr.html UNE APPROCHE POLITIQUE ET RELIGION

I – Une approche préliminaire:

I.1 Les coutumes et les traditions sont donc des éléments

La religion et l’organisation ecclésiale qui en résulte sont en elles-mêmes des faits culturels et politiques. La vie politique des Grecs se passait dans le libre exercice des droits et devoirs civiques des hommes libres. Certains empereurs étaient divinisés et, par conséquent, gouvernaient par délégation de pouvoir des dieux et étaient acceptés par le peuple comme tels. Pour les citoyens, il y avait deux sources de comportement social: les dieux et la morale.

Dans le Nouveau Testament, le conflit surgit en particulier sur l’attitude requise envers les autorités civiles. Il y a deux choses à retenir:

  1. a) Un appel à la soumission que Jésus puis Paul lancèrent: «Rendez à César ce qui est César, et ce qui est de Dieu à Dieu» (Mc 12,17; Mt 22,21; Lc 20,25). Et dans les écrits de Saint Paul: «Donner à chacun ce qui est dû: à qui impôts, impôts; à qui hommage, hommage; que je respecte, je respecte; A qui honneur, honneur» (Rm 13, 7). «Rappeler à tous qu’ils doivent être soumis aux magistrats, aux autorités, qu’ils doivent obéir, être préparés à tout bon travail …» (Tt 3, 1).
  2. b) La remise en cause de l’autorité (différend). L’exemple de Jésus nous éclaire: «Vous n’auriez aucun pouvoir contre moi s’il ne vous avait été donné d’en haut; par conséquent, celui qui m’a livré à vous a un plus grand péché» (Jn 19, 11). Et les apôtres formuleront le principe directeur d’une telle attitude lors des épreuves qui seront présentées contre eux: «Nous devons obéir à Dieu au lieu des hommes» (Actes 5:29; voir aussi 4:19).

I.2 Etat moderne

L’État est une entité politique complète, une organisation plus développée politiquement et plus spécialisée. Quatre éléments caractérisent l’État moderne: la communauté humaine (tous les citoyens); Le territoire (frontières bien définies); Le gouvernement (l’organisation hiérarchique du pouvoir politique); Souveraineté (autodétermination, contrôle du territoire et gestion des affaires publiques).

L’Etat est avant tout un appareil de gestion de la société.

I.3 La loi de l’Eglise

Nous devons distinguer les aspects organisationnels et l’essence de l’Église en tant que corps du Christ. L’Église institutionnelle établit ses propres règles et exige qu’elles soient observées par ses membres, mais aussi par d’autres, dans la mesure où ces règles formulent des exigences morales socio-politiques proposées à tous les hommes (de bonne volonté). À certains moments de son histoire, l’Église est intervenue en tant qu’autorité morale, voire politique, pour compenser les carences des systèmes sociaux existants (l’Église a promulgué des lois et ordonné avec une autorité morale ou politique).

Nous rappelons que l’Église a un rôle à jouer dans le domaine de la politique, de la société. Pour le Pape Jean XXIII, dans « Mater et Magistra » (encyclique de 1961), l’Église joue le rôle de mère et d’éducatrice du peuple. Il est donc conduit à promulguer des règles et à donner des instructions morales dont l’autorité doit être reconnue. Seulement, il faut éviter, dans ce domaine, de trop limiter la portée du mot «  Église  »: il ne s’agit pas seulement du magistère (en tant qu’autorité morale), mais de tout le peuple de Dieu, au sein duquel différentes fonctions sont assignées. les différents membres. Et pour cela, nous pouvons nous souvenir des différents bureaux et fonctions de l’État du Vatican.

I.4 Le gouvernement central de l’Église. Politique de l’État du Vatican.

D’une superficie de 44 hectares, l’Etat du Vatican comprend les institutions suivantes: le Sacré Collège, le Secrétaire d’Etat, la Curie, une administration. Il compte environ 1.000 habitants.

Le Sacré Collège est aussi appelé «Sénat de l’Église». Il est composé de cardinaux. Le Pape choisit le secrétaire d’État, les préfets des congrégations, les légats, etc.

La curie romaine s’est progressivement construite au fil du temps. Elle est en charge de l’organisation administrative et de diverses congrégations.

Le secrétaire d’État a les pouvoirs d’un secrétariat général du gouvernement.

Le Conseil des affaires publiques de l’Église: Ce conseil correspondrait au ministère des Affaires étrangères (la diplomatie vaticanienne est présente dans près de 100 États).

Congrégations romaines (ce sont des commissions): congrégation pour la doctrine de la foi, pour les évêques, pour l’Église d’Orient, pour le clergé, pour les instituts religieux et séculiers, pour la propagande (évangélisation), pour les sacrements et les cultes divins, pour la cause des saints, pour l’éducation catholique.

Les tribunaux ont pour mission de faire appliquer la loi: le pénal, le Tribunal de La Rota (Cour d’appel).

II – POLITIQUE ET RELIGION (CHRÉTIENNE), DANS L’HISTOIRE

II.1 À l’époque médiévale: le modèle chrétien

II.1.1 Augustinisme et autres doctrines sociopolitiques.

L’évêque d’Hippone, Augustin (354-430): La cité de Dieu. Cet ouvrage parle de deux villes avec chacune ses propres caractéristiques. La ville sur terre, qui ne vit pas par la foi, aspire aussi à la paix terrestre… Et la cité céleste qui vit par la foi, utilise aussi la ville terrestre par besoin de cette paix. Par conséquent, dans la cité terrestre, les gens passent le temps de leur exil, captifs mais ont déjà la promesse de rédemption, comme gage, du don spirituel et n’hésitent pas à obéir aux lois de la cité terrestre qui assurent sa correcte administration, dans tout ce qui nécessite la subsistance de la vie mortelle. De cette manière, l’harmonie entre les deux villes est maintenue. Deux interprétations extrêmes et opposées découlent de cette théorie:

Théocratie: Dieu exerce le pouvoir à travers ses ministres qui sont les papes, et par délégation de ceux-ci, les empereurs. Les dirigeants civils sont des ministres de Dieu, à condition qu’ils soient sous le contrôle du Pape. L’ordre surnaturel doit prévaloir sur l’ordre naturel. Bien que les rois aient une autonomie politique, leurs décisions les plus importantes ont été prises en référence à l’autorité divine, dont le représentant est le pontife romain.

Césaropapisme: c’est une position inverse de la théocratie. Le ministre direct de Dieu était l’empereur. Et le pape devait agir en se soumettant à lui.

Toutes ces manières de comprendre les choses ont eu des conséquences concrètes dans la vie politique: les sacres des rois ont été faits par les papes (théocratie) et les investissements des évêques par les empereurs (césaropapisme).

II.1.2 Réflexion sur les événements médiévaux

À l’époque médiévale, la compréhension de la politique et de la religion était fortement influencée par la vision chrétienne du monde. L’État semblait être le «transformateur sacré». Par conséquent, l’essence de la religion est d’être le corps inspirant et éclairant de la vie sociale. Saint Thomas d’Aquin prônait la monarchie qui, à ses yeux, réalisait l’unité de la multitude. Le pouvoir temporel est subordonné au pouvoir spirituel, mais les deux visent uniquement le but ultime, qui est de faire la volonté de Dieu (construire le Royaume de Dieu). À l’époque médiévale, la religion était une force totalitaire qui guidait la vie politique. Selon le philosophe américain John Rawls, il faut distinguer 5 caractéristiques:

  1. le christianisme était totalitaire;
  2. il y avait une religion qui prétendait être la seule à garantir le salut;
  3. une religion doctrinale qui a été donnée à croire;
  4.  une religion qui dispense la grâce comme moyen de salut;
  5.  une religion expansionniste. L’époque médiévale était donc celle du règne du pouvoir temporel légitimé par le pouvoir spirituel.

III. L’ÉGLISE ET LE LIBÉRALISME POLITIQUE

III.1 Le FSD: une doctrine historiquement située avec une riche tradition.

Historiquement, la doctrine sociale de l’Église (DSE) a connu un développement significatif dans l’histoire contemporaine lorsque le magistère a commencé à aborder les questions controversées soulevées par la société moderne. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Église ressent de plus en plus le besoin de répondre à des questions sociales généralisées (travail, salaire, justice, progrès, etc.). Depuis, cette préoccupation est partagée par de nombreux papes.

Voici les principaux documents sur lesquels se fonde la doctrine sociale de l’Église.

* Rerum Novarum (1891) du Pape Léon XIII: c’est l’acte de naissance de la DSE. En réponse aux propositions socialistes, le désir de sensibiliser l’Église au monde ouvrier, exploité et méprisé qui vit sans protection sociale. C’est la première lettre encyclique moderne consacrée à la question sociale et plus spécifiquement aux conditions de travail des classes populaires. Il condamne l’exploitation des travailleurs et des travailleurs et reconnaît la propriété privée comme un droit naturel.

* Quadragesimo Anno (1931) du Pape Pie XI: c’est une réflexion sur la société industrielle juste après la crise de 1929 en réponse à la «lutte des classes». Promotion du catholicisme social et appel à l’humanisation des conditions de travail. Il approfondit la dimension structurelle (voire politique) de la justice. Cette encyclique sur la restauration de l’ordre social appelle à un changement profond des institutions socio-économiques pour renforcer la justice et l’équité pour le bien commun.

* Mater et Magistra (1961) du Pape Jean XXIII: résume et développe l’enseignement des papes précédents sur la question sociale dans le contexte des années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Pour la première fois, il aborde le problème des pays en développement dans la perspective plus large du sort de la race humaine.

* Pacem in Terris (1963) du Pape Jean XXIII: sur les défis de la paix dans le monde au milieu de la « guerre froide ».

* Gaudium et Spes (1965) est le texte de Vatican II dont l’influence a été la plus importante pour l’évolution de la DSE. Il explore la relation entre l’Église et le monde moderne et appelle l’Église à une mission renouvelée au service de l’homme, de toute l’humanité, et de la promotion du bien commun. Cette encyclique analyse le mystère de l’homme et parle de la contribution de l’Église au monde.

* Populorum progressio (1967) du Pape Paul VI: renforce Mater et Magistra dans la notion de « développement intégral » de l’homme. Il lie le développement social avec une grande force à la liberté et à la paix mondiale. La propriété privée, bien que légitime, a aussi une dimension sociale qu’il ne faut pas négliger. Il a insisté sur le développement des peuples avec une exigence de solidarité entre les nations. Il parle de développement intégral, économique, culturel et religieux en réponse aux inégalités entre les pays riches et le tiers monde. La question sociale est devenue mondiale.

* Laborem exercens (1981) du Pape Jean-Paul II: rappelle et développe les principaux thèmes de Rerum Novarum. Il met l’accent sur le sens anthropologique du travail et affirme sa priorité sur le capital et les intérêts privés. Cependant, ce droit humain au travail ne doit pas soutenir naïvement la théologie de la libération.

* Sollicitudo rei socialis (1987) du Pape Jean-Paul II: à l’occasion du 20e anniversaire de Populorum Progressio. Cette encyclique critique largement les tendances de consommation dans la société moderne. Le devoir de solidarité est la clé principale mentionnée pour l’instauration de la paix et la promotion du développement intégral.

* Centesimus Annus (1991) du Pape Jean-Paul II: pour célébrer le document fondamental représenté par Rerum novarum et pour commémorer le 100e anniversaire de cette première encyclique consacrée à la question sociale en soulignant son actualité au regard des principales doctrines de l’Église catholique, malgré les changements historiques survenus au XXe siècle. Une réflexion spécifique est menée après les jalons de 1989, c’est-à-dire la chute symbolique des régimes communistes en Europe de l’Est.

III.2 Principes de la Doctrine Sociale de l’Eglise (DSE)

III.2.1 Principes generaux:

Ils sont 5, immuables et ont une valeur universelle. Le fait qu’ils soient basés sur un lien homme/société les conduit à être en tension les uns avec les autres.

Le bien commun: «Toutes les conditions sociales qui permettent à la personne de se développer le mieux et le plus facilement» « Mater et Magistra » (1961) – § 65.

– Le principe de solidarité: l’unité entre les hommes pour la même origine, le même but et le devoir de réaliser le bien commun.

Le principe de subsidiarité: il n’enlève pas à une certaine personne, pour en confier à une autre, les fonctions qu’elle peut remplir par elle-même. Ce principe s’applique à la fois aux individus et à la communauté.

– Propriété privée: elle est entendue comme une expression de liberté, tant qu’elle est accessible à tous et n’est pas absolutisée. Elle peut être en contradiction avec le principe du bien commun.

La destination universelle des biens: les biens de la terre sont destinés à tous les hommes et à tous les peuples, de sorte que les biens de la création doivent couler justement entre les mains de tous, conformément à la règle de la justice inséparable de la charité.

III.4 Principes de la doctrine catholique sur la laïcité et le pluralisme.

Nous sommes tous appelés à vivre dans un monde de pluralisme et d’autonomie des laïcs, en politique pour favoriser des solutions de compromis pour la justice (contre l’injustice) qui contournent les exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société. La doctrine de l’Église les confirme et les protège toujours et partout, comme un service désintéressé de la vérité sur l’homme et le bien commun de la société civile. L’injustice ou la violence, par exemple, sont toujours mauvaises et doivent être évitées par tous les hommes et pas seulement par les chrétiens.

Les citoyens croyants ont le droit et le devoir, comme tout le monde, de rechercher sincèrement la vérité, de promouvoir et de défendre par tous les moyens légaux, les vérités morales sur la vie sociale, la justice, la liberté, le respect de la vie et des autres. droits humains.

III.4 Mieux apprécier l’action politique des chrétiens.

Si les chrétiens se présentent comme des acteurs politiques sur la scène politique, directement ou indirectement, cela se matérialise à travers les créations de partis politiques de chrétiens, de fonctions politiques… Mais pour que le chrétien puisse faire de la politique de manière irréprochable. En l’imprégnant de ses valeurs chrétiennes, il doit découvrir dans le jeu des relations politiques, il doit faire de la politique. En fait, il doit être considéré comme conscient des défis des pouvoirs en interaction. Pour ce faire, il devra considérer les différentes logiques en jeu et surtout distinguer les logiques sociales des logiques politiques.

III.4.1 Logique sociale

La vigne du Seigneur: c’est le présupposé de l’action du chrétien en politique. En elle, le chrétien est censé agir selon la bonté qui émane de son cœur. Voici le chrétien qui fait tout son possible pour participer à la promotion des valeurs humaines. Cette logique guide leur action, même dans le domaine politique.

Les trois dimensions de la vie sociale: les affaires du monde (cf. celles qui ne se réfèrent pas directement à la religion: les activités de l’Etat, des associations, etc.);

Affaires de l’Église (cf. l’ensemble des actions menées par les gens de l’Église pour l’expérience de l’Église);

Matières dans lesquelles l’Église collabore (cf. celles dans lesquelles l’Église n’est pas explicitement présente en tant qu’entité: activités de la société civile, de la Croix-Rouge, des sports, etc.).

Ces trois dimensions incluent nécessairement les actions humaines. Mais il faut reconnaître que cela implique une complexité de vie qui ne permet pas toujours de vivre la chose facilement.

Relations sociales: les relations sont-elles maintenues, dans un environnement social particulier, entre les personnes qui en font partie. Et il faut reconnaître qu’ils sont complexes, compte tenu des interactions: l’État, les gens qui tournent autour du pouvoir; l’Église et ses proches; intellectuels et élites; marchands, banquiers, artistes; et les gens (ceux qui n’ont pas de voix). Dans tout cela, le chrétien doit chercher à établir des relations avec toutes ces couches (estimation) et à y chercher de la meilleure façon possible. Sont complexes

Pratiques sociales: elles suivent généralement des critères tels que les suivants: idéologie ou anti-idéologie (l’idéologie est l’art de promouvoir des intérêts politiques, économiques, philosophiques ou religieux); les milieux de vie (essayer de réconcilier les relations, les nouveautés); choix de vie (choix fondés sur les valeurs, l’éthique); pouvoirs (politiques, façons de faire).

Madrid, le 18 novembre 2020

P. Camille Manyenan Nodjita, sj.

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