DIALOGUE INTERRELIGIEUX DEPUIS LE CONCILE VATICAN 2

DIALOGUE INTERRELIGIEUX DEPUIS LE CONCILE VATICAN 2
  1. LES DÉBUTS OFFICIELS DEPUIS LE DEUXIÈME CONSEIL VATICAN

On pourrait situer le debut du dialogue interreligieux dans la première moitié du XXe siècle avec la création du Conseil œcuménique des Églises. Mais c’est vraiment à partir du Concile Vatican II que l’Église catholique considère l’œcuménisme comme un devoir commun des chrétiens. On ne pense plus à la «vision syndicale traditionnelle du retour» des Églises séparées, pour emprunter l’expression à Santiago MADRIGAL, SJ., qui a écrit «L’engagement œcuménique de l’Église catholique: de ‘’Unitatis pour la réintégrer à Ut unsent’’, in Revue Sal Terrae 87 (1999), p. 789-802.

Le décret Unitatis Redintegratio du Conseil de l’œcuménisme marque l’adhésion officielle de l’Église catholique au mouvement œcuménique. L’œcuménisme a donc été la première forme de dialogue interreligieux si l’on veut comprendre le chemin officiel de l’Église, chemin théorique et pratique: «dans ce sens strict et spécifique, le communisme signifie la réconciliation collective entre les Églises chrétiennes avec tout leur passé historique» (MADRIGAL , S., art. Cit., P. 790). Puis la compréhension de l’œcuménisme s’est répandue parce que c’est une communion qui dépasse les formes ecclésiales. La marche de l’histoire et la conscience de soi de l’Église catholique ont donné des hypothèses et des dispositions qui ont facilité, à partir du Concile Vatican 2, une doctrine du dialogue comme nous pouvons nous en souvenir dans les documents conciliaires.

* La Constitution dogmatique de Lumen Gentium utilise la catégorie «Peuple de Dieu» qui est le fondement catholique de l’œcuménisme. Cette constitution dogmatique du Concile parle des chrétiens, d’un côté et de l’autre, des non-chrétiens. Avec cela on penserait alors que nous sommes tous chrétiens des memes pratiques: non-croyants, païens, croyants d’autres religions comme les religions d’Asie. Pour tous les autres, le baptême (sacrement du christianisme) est ce qui distingue les autres et unit tous les chrétiens. Sa position est affirmée que l’Église du Christ «subsiste dans l’Église catholique» (LG 1, 18). De plus, ce peuple de Dieu est l’unité et l’ordination de tous les chrétiens non catholiques à l’Église catholique (LG 15-16).

* Le décret Unitatis Redintegratio parle de la pleine communion des chrétiens. Cela se vit dans la parole de Dieu, les vertus théologales et les dons du Saint-Esprit. Le décret reconnaît qu’il y a une communion partielle mais vraie, réelle, car elle permet d’atteindre la seule Eglise du Christ. Mais aussi, il parle de la communion diversifiée avec les autres Églises (UR 4). Et cette unité est une initiative et un engagement ecclésial de tous (UR 5). Il faut donc parler d’œcuménisme et de conversion du cœur, car il s’agit du renouveau de l’Église (UR 7). En effet, le décret finit par parler des autres en termes des ‘’frères chrétiens’’ (UR 9-10). Certes, il faut alors travailler la forme de dialogue avec les communautés ecclésiales issues de la Réforme (UR 19) comme les diverses autres formes de dialogue avec les Églises orthodoxes (UR 24).

  1. L’ÉTAT DE LA QUESTION DANS L’ÉGLISE

II.1 Situation générale

Pour se faire une idée de l’état de la situation du dialogue interreligieux, nous rappelons que le Concile Vatican II a appelé au dialogue, d’une part, et la demande du Saint-Père à la Compagnie de faire du dialogue interreligieux une priorité apostolique (CG 34 d5, no3 -4), d’autre part. Cela nous permet de collaborer avec d’autres croyants pour atteindre ensemble des objectifs communs (promouvoir le potentiel unificateur et libérateur de toute religion). Tous doivent promouvoir le quadruple dialogue recommandé par l’Église: le dialogue de vie; le dialogue de l’action; le dialogue de l’expérience religieuse, des traditions religieuses, des richesses spirituelles; et le dialogue d’échange théologique (de la tradition écrite et des religions traditionnelles). Mais ce classement dans son expérience rencontre des difficultés. Les autres acteurs de ces formes de dialogue ne sont pas unanimes ni géographiquement situés aux mêmes endroits.

Du point de vue théologique, il est difficile de comprendre d’autres grandes religions comme l’islam, que le Concile n’a pas mentionnées comme religion mais plutôt de ses membres en raison de leur qualité de vie et de leurs distinctions. En fait, Sanchez Nogales parle de «l’évolution de l’exégèse, de la dogmatique et de la théologie des religions dans la compréhension et l’évaluation du dialogue avec d’autres traditions religieuses, en particulier monothéistes et, en raison de l’influence particulière de leur nombre et de leur extension, avec le Islam» (SÁNCHEZ NOGALES, JL, L’Islam parmi nous. Christianisme et Islam en Espagne, BAC, Madrid, 2094, p. 233). Selon les documents du Magistère, depuis les années 1970, ce problème du dialogue interreligieux a été mis en évidence, notamment la compréhension des valeurs religieuses des autres religions et la compréhension même de l’Église comme sacrement universel du salut.

Un pas de dialogue a été fait uniquement autour de l’œcuménisme pour atteindre, «au-delà de ses propres barrières confessionnelles» (VERCRUYSSE JE, «Œcuménisme» dans DEI, 677), la découverte d’autres religions révélées (monothéistes) et non révélé (d’Asie et d’autres).

II.2 L’impulsion avec le Pape Jean-Paul II:

Divers documents et actes ont été réalisés pour donner un nouvel élan au dialogue interreligieux, souhaité depuis le Concile. Le Pape Jean-Paul II a voulu donner le développement doctrinal post-conciliaire autour de la notion de «pleine communion», dans son document Ut Un Sint. L’ouverture a été faite aux autres confessions chrétiennes et autres traditions religieuses (UUS 10) dans une «vision ecclésiologique lucide et des acteurs ouverts aux valeurs ecclésiales présentes chez les autres chrétiens» (MADRIGAL, S., art. Cit., P. 794). Selon ce théologien, la communion avec d’autres communautés chrétiennes existe, bien qu’elle soit une communion imparfaite avec l’Église catholique, car ces communautés ont aussi des éléments de sanctification et de vérité (UUS 11). On comprend alors que le but du mouvement œcuménique en termes de la croissance des Églises (UUS 14) et l’établissement de la pleine communion dans la vérité et la charité. Quelques pas ont été franchis dans les réflexions et les actions lorsque les «Églises sœurs» ont été mentionnées parlant des catholiques et orthodoxes (UUS 55-58): Et la commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe a été créée en 1979. Dans son ensemble, elle vise la profession de foi commune (UUS 59):

  1. a) sur le mystère de l’Église;
  2. b) sur le lien entre la foi et les sacrements
  3. c) sur la succession apostolique en vue de la sanctification et de l’unité du peuple de Dieu. Et le décret reconnaît les promesses des décrets conciliaires avec des questions de dialogue, car il existe divers dialogues bilatéraux sur des questions controversées telles que le baptême, l’Eucharistie, le ministère ordonné, la sacramentalité et l’autorité de la succession apostolique de l’Église (UUS 69).

II.3 Jeter les bases théologiques du dialogue

De nombreux théologiens et autres penseurs présentent une doctrine du dialogue interreligieux du pontificat de Jean-Paul II en relisant ses documents tirés du «De Redemptor Hominis a Redemptoris Missio» ou de «Unitatis Reintegrarlo a Ut unsent». Le dialogue interreligieux n’est pas seulement un colloque entre deux personnes ou deux groupes, mais toutes les manières de maintenir les relations entre les traditions religieuses. En fait, plusieurs documents du Magistère ordinaire suivent les lignes du Concile Vatican II lui-même. L’encyclique Redemptor Hominis (RH 4), présente des lignes directrices pragmatiques axées sur les relations avec les traditions religieuses non chrétiennes pour suivre le chemin entrepris par le Concile Vatican II. En ce sens, il rappelle que le concile avait de l’estime pour les croyants de l’Islam qui se réfèrent également à Abraham comme leur père dans la foi (RH 11).

L’encyclique Redemptoris Missio de 1990 nous fournit quatre fondements théologiques du dialogue interreligieux. L’humanité est une dans ses variétés et cette unité fondamentale se réalise dans le mystère de la rédemption du Christ offert par l’Église (RMi 4, 11). La création nous permet d’entrer dans le mystère de l’unité radicale de l’humanité parce qu’elle est une et est l’œuvre de Dieu, la Trinité. La connaissance d’autres traditions religieuses (dialogue) permet de mieux les apprécier (RMi 12). Le salut est universel, offert à toute l’humanité à travers l’Église comme sacrement dudit salut. Ensuite, il est nécessaire de parler (dialogue) avec toute la race humaine du plan salvifique de Dieu (RMi 18-20). Le Saint-Esprit est présent partout, au-delà des frontières connues de l’Église. Le dialogue entre religions et traditions permet de savoir que l’Esprit y opère aussi (RMi 18, 28, 29).

II.4 Quelques clarifications de la situation sociopolitique pour le dialogue

Après la présentation de la doctrine du Magistère du Pape Jean-Paul II, il convient de considérer deux champs de réflexion sur le dialogue interreligieux: le politique et le religieux. Au fur et à mesure que les défis de la vie quotidienne progressent, la position ecclésiale ou doctrinale est vécue ou rejetée. Certains ont évoqué le passage de la confrontation à la fraternité évoquant les relations avec l’islam (cf. NISPEN TOT SEVENAER, CV, Chrétiens et Muslims. De la confrontation à la rencontre, Christus n • 150 avril 1991, p. 181-191). Des étapes vraiment importantes ont été franchies depuis le Concile Vatican II dans l’histoire des relations de l’Église catholique avec les autres traditions religieuses et en particulier l’islam. Tous les humains sont des croyants, ayant des relations différenciées avec Dieu le Créateur et Vivant.

Dans le cas de l’Islam, c’était une rencontre, c’est-à-dire venant d’un sens contradictoire, les croyants engagés dans le dialogue, de leur culte respectif du Dieu Unique pour parler et agir ensemble. Car le Concile n’a pas parlé directement de l’Islam comme d’une religion mais plutôt comme d’une culture d’où émergent des hommes distingués dans leur vie. Une fois surmontée cette considération de l’islam en tant que système culturel et moral, elle nous permet d’entrer dans un dialogue fructueux. Et le vrai dialogue se fait en tenant compte des facteurs historiques, politiques, économiques, sociaux, culturels et religieux. Une solidarité spirituelle est alors recommandée, dans ce cas pour faciliter le dialogue entre les traditions religieuses. Il s’agit de favoriser les relations sans perdre les identités respectives. La solidarité spirituelle n’est pas un relativisme, ni un syncrétisme religieux, mais une tentative de maintenir la fidélité à Dieu et de continuer à dialoguer avec les autres. C’est une écoute fidèle de Dieu et un cœur ouvert dans les relations avec les autres. En ce sens, nous pouvons rappeler l’expérience de rencontre et de prière que le Pape Jean-Paul II a commencée avec d’autres chefs religieux: les réunions de prière des croyants dans la ville d’Assise (Italie).

Il faut donc compter sur les religions car si on les exclut, la vie sociale nous envahit. Et si nous ne pensons pas à de telles relations, puisque différentes religions nous invitent, nous manquerions l’essence même des religions. Toute religion est d’abord relation avec Dieu et ensuite, à partir de là, relation avec l’autre humain. Il s’agit de la relation identitaire qui s’établit dans chaque relation sociale. Mais la réalité est que «la religion fournit au groupe certains schémas mentaux, valeurs, attitudes et comportements». (cf DOLORS OLLERS I SALA, M., «Religion, garantie des engagements sociopolitiques», in Revue Sal Terrae n• 1228 décembre 2017, p. 984). Les religions ne résolvent pas les problèmes économiques, scientifiques, socio-politiques, mais elles ne permettent pas un changement de mentalité et de comportement nécessaire aux domaines mentionnés ici. La dimension religieuse de toute vie humaine est présente dans chaque acte, pensée des croyants. C’est pourquoi nous avons besoin de dialoguer dans toutes les dimensions de la vie. Ici, le dialogue recommandé est celui de la coexistence entre les membres.

La coexistence nous introduit ainsi à la possibilité d’une société pluraliste tant sur le plan politique que religieux. Il faut alors, une laïcité exclusive mais mais aussi un pluralisme intégrateur de toutes les dimensions de la vie. Dans ce domaine, les religions ont un rôle important si les croyants vivent d’une réelle liberté individuelle et non uniquement d’un collectivisme pratique.

Favoriser le dialogue, c’est considérer que lesdites préoccupations des religions sont en elles-mêmes leurs façons de vivre le dialogue avec les autres. C’est ce que l’on attend de toute religion: sa capacité et sa volonté d’écouter Dieu et son prochain, des valeurs communes, des opinions et des normes communes. En d’autres termes, nous pouvons à juste titre rappeler ici les quatre formes de dialogue interreligieux (de la vie, de la prière, de l’action commune et de la théologie). Toutes les structures de vie sociopolitiques s’inscrivent dans ces formes.

  1. 5 Certains des historiques nécessaires pour le dialogue

Les cultures constituent et construisent la vie sociale des croyants. Pour cette raison, ils sont plus difficiles dans des situations où les religions ne sont pas intégrées dans l’expérience quotidienne à la fois pour inspirer et pour clarifier. L’expérience de l’Europe nous aide à comprendre: nous sommes alors tous invités à vivre ensemble sans nier l’une ou l’autre humanité comme nous l’avons déjà dit, et aussi leur nier leurs actions sociopolitiques. En réalité, toutes les actions humaines dépendent d’une certaine manière de la relation avec les autres dans la société et avec Dieu (leurs pratiques religieuses).

Après cette clarification apportée par l’approche avec la tradition et la religion islamiques, nous pouvons maintenant nous arrêter à l’exemple du dialogue avec la tradition juive. Dans un article très frappant par son titre, un grand bibliste et expert de la tradition du dialogue des religions, Francesco Rossi de Gasperis, parle de la Terre Sainte comme un don à partager (cf.ROSSI DE GASPERIS, F.,  »La Terrre promise, un don à partager », in Christus n ° 150 avril 1991, 193-200). A partir de son expérience à Jérusalem, de ses différentes études et devant la situation concrète du dialogue avec le judaïsme, l’auteur nous rappelle que tous les chrétiens et juifs ont une histoire commune et partagent des traditions communes de la parole des ancêtres dans la foi. L’auteur nous invite à un travail laborieux qui peut conduire au dialogue avec les juifs, même si beaucoup de choses nous disposent à collaborer, à dialoguer au-delà de ce qui se fait actuellement. Le plus grand défi du dialogue est la compréhension différenciée de la vie sociopolitique de l’un et de l’autre, d’une part, et de la situation géopolitique de l’État juif pour laquelle le politique et le religieux ne se distinguent pas.

De tout ce qui a été dit, nous comprenons qu’aucune tradition religieuse n’est le dépositaire exclusif de la religion, donc ni du dialogue avec les autres religions. Toutes les religions sont issues d’une relation avec Dieu et s’ouvrent progressivement au dialogue avec les autres. Ceci est caractéristique des religions révélées dont nous venons de voir la disposition du dialogue. Une autre chose est le cas des religions non divulguées.

Du côté des religions asiatiques (bouddhisme, hindouisme …) les dialogues partent de la réception de leurs sagesses et des modes de vie spirituelle qu’ils procurent. Un dialogue avec ces traditions religieuses est apparent à la volonté de chacun d’incorporer leur discipline éthique, leur sagesse, la libération intérieure et l’illumination spirituelle qu’elles enseignent.

Dans un article sur la nécessité du dialogue entre le christianisme et les religions de l’Inde, le jésuite Michael Amaladoss nous parle de la foi et des cultures en termes de dialogue obligatoire (cf AMALADOSS, M.,  »La foi et les cultures. La foi et les culture », in Christus n • 150 Avril 1991, p.159-170). En fait, les cultures et les traditions religieuses s’imposent au dialogue avec le christianisme si l’on suit leurs histoires respectives liées. Les premiers contacts du christianisme l’ont lié à la diffusion de la civilisation occidentale et les formes possibles de dialogues ont été les assimilations de l’une (traditions et religions indiennes) à l’autre (tradition chrétienne). Avec le Concile Vatican II, l’ouverture des dispositions de dialogue de l’Église a permis d’avancer à certains égards avec les religions orientales ou d’autres traditions religieuses. Après le Concile, les premières étapes du dialogue avec les cultures ont été introduites à travers la liturgie et les langues locales utilisées dans l’Église. C’était un changement de paradigme majeur.

Mais il faut vraiment attendre le changement de paradigme dans les années 1990 ou 2000. L’Église s’est vraiment sentie comme un instrument de salut pour les autres face aux vrais défis de la construction du Royaume de Dieu. Les chrétiens et les autres ont compris que personne n’a le monopole de l’action divine. Cela se vit parmi les chrétiens comme en dehors de leurs royaumes pour parler ainsi du mystère de Dieu, dans l’histoire des hommes. Les chrétiens comprennent alors que l’évangélisation n’est pas seulement proclamer le royaume de Dieu mais aussi travailler avec les autres pour sa réalisation. Cela les met en mesure de dialoguer avec les autres, avec les religions et traditions indiennes. En tout cas, tous s’accordent sur l’unité de l’humanité dans ses aspirations essentielles qu’aucune religion ne doit limiter.

Enfin, il est entendu que le vrai dialogue, c’est quand chacune des parties du monde, avec ses cultures et ses religions, apporte ses richesses dans le christianisme, dans une diversité culturelle dans un catholicisme pluriel sans aucune imposition: l’Asie livrera son harmonie et sa perfection, l’Inde sa conscience de la profondeur et de l’intériorité, l’Afrique son intérêt pour la vie et la communauté, l’Amérique latine sa soif de justice, l’Amérique du Nord son esprit d’entreprise et les Européens son esprit d’aventure et d’analyse. Ce serait le vrai sens de la communion et de la diversité, ce que le dialogue recherche dans les traditions religieuses. En fait, cela nous amènera à la conclusion que le pluralisme est un fait concret et pas seulement une idée dans l’air, des discours pieux. Et que le seul chemin vers l’unité est celui du dialogue.

Le vrai dialogue commence par les expériences que viennent nous raconter différents textes et auteurs. Pour mieux clarifier cela, nous nous concentrons maintenant sur la tradition jésuite de dialogue avec les cultures et avec les religions.

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