Spiritualités des peuples

Qu’est-ce alors cette spiritualité ? Disons que la spiritualité est une vie dans l'esprit, selon l'esprit dont on prétend vivre. Pour les chrétiens, la spiritualité est une vie selon le modèle que Notre Seigneur Jésus nous a laissé. Voilà pourquoi Saint Ignace de Loyola (fondateur des Jésuites) a fait cette expérience d’être appelé et être enseigné par Dieu comme un maitre, et de s’être laissé conformer à la volonté de Dieu. Ainsi la spiritualité ignatienne en est une, parmi les différentes écoles de spiritualité chrétienne. 

De la même manière, la spiritualité dans les traditions dans les villages tchadiens, c'est ces manières de vivre selon les normes laissées par les anciens. La grande différence est qu'ici, il n'y a pas d'origine personnalisé...

ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL ET DISCERNEMENT

QU’EST-CE QUE L’ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL ?

  • Une manière pour un baptisé d’accompagner un frère dans sa vie avec Dieu lui-même, avec le Christ.
  • Une tradition est un trésor spirituel dans la vie de l’Église.
  • Un service fraternel marqué de discrétion.

A - QUELQUES REPONSES POSSIBLES AUX QUESTIONS

1. Que suppose l’accompagnement ?

L’accompagnement spirituel suppose de bien écouter, de bien s’écouter.

2. Discerner le désir de Dieu ?

C’est une meilleure compréhension du mystère de Dieu, à travers la tradition de l’Église, la parole de Dieu.

3. Peut-on Prodiguer des conseils ?

L’accompagnement est concret. L’accompagnateur n’est pas un coach au sens strict du terme, ce n’est pas un maître d’école ou un éducateur ou membre de la famille, c’est plus large.

4. Comment trouver un accompagnateur spirituel ?

L’accompagnateur spirituel est souvent un prêtre. Dans la tradition de l’Église, cette mission est aussi confiée à des hommes et des femmes, religieux ou laïcs. Pour choisir un accompagnateur spirituel, prends conseil. Tu peux en parler aux chrétiens que tu connais. Ensuite, tu t’adresses à quelqu’un soit de vive voix, soit par téléphone, soit par e-mail.

5. Peut-on imposer un accompagnateur spirituel ?

L’accompagnateur spirituel se choisit et se reçoit : une alliance spirituelle s’établit. Il faut qu’il y ait comme un apprivoisement mutuel, une estime mutuelle. L’accompagnateur est un cadeau du ciel, une grâce de Dieu.

6. Peut-on refuser d’accompagner ?

Un accompagnateur peut refuser d’accompagner une personne parce qu’il ne s’en sent pas capable, n’en a plus la force ou le temps, ou bien éprouve une difficulté relationnelle avec cette personne.

7. Peut-il y avoir impossibilité d’accompagner pour un prêtre ?

Il y a incompatibilité entre certaines fonctions (supérieurs, évêques) et missions dans l’Église et l’accompagnement. De toute fois, une personne peut difficilement donner tout son temps à l’accompagnement, surtout un prêtre dans notre contexte.

8. Y a-t-il l’accompagnement spirituel par les laïcs ?

Dans la situation de manque comme la notre, c’est une belle mission pour tous. Il faudrait que de laïcs se forment pour cela. D’abord en vivant et en connaissant la parole de Dieu (un peu de théologie ou d’initiation aux Ecritures Saintes).

9. Pourquoi, doit-on user de beaucoup de discrétion dans l’accompagnement ?

La discrétion est une des grandes qualités majeure de l’accompagnateur: respecter scrupuleusement le secret de la confidence et de l’accompagnement. Tout est marqué par le sceau de l’Esprit Saint : l’accompagnateur agit en Dieu ou avec Dieu.

10. De quoi faut-il parler ?

De tout ce qui engage Dieu, l’Église et ta propre vie. Il faut apprendre à parler de soi, à s’ouvrir à la parole d’un autre et à ses conseils, enfin à réfléchir à ce qui a été échangé pour décider. Les sujets privilégiés sont :

Ta prière : C’est un moment privilégié de ta rencontre avec Dieu (évoque ta manière de prier, ta fidélité dans la prière).

Tes pensées et désirs : D’où te viennent certaines idées constantes ou ponctuelles ?

Ta famille : Elle est le premier terreau de ton existence.

Tes études ou ton activité professionnelle : Unifier et donner du sens à tes études ? Servir le Seigneur ? Le sens de ce que tu fais est à découvrir dans le plan de Dieu sur le monde.

Tes moments de détente : Détente, sport, culture, style de vie, amitié, argent… Autant de choses que l’on fait avec Jésus ou sans lui. Dans la vie avec le Christ, rien n’est neutre.

11. Est-il possible de faire un accompagnement par correspondance ou autre moyen de communication ?

            L’accompagnement se fait plutôt de visu. La relation d’accompagnement n’est pas virtuelle. Elle est en lien d’ailleurs avec la vie sacramentelle qui passe toujours par un geste, une parole: donc l’espace et le temps sont incontournables.

L’accompagnement par écrit n’est pas mauvais mais ne suffit pas : il peut être une passerelle pendant un temps où les rencontres sont impossibles. La rencontre personnelle passe par « voir, entendre, écouter », et s’écouter l’un l’autre pour mieux écouter Dieu.

12. D’où nous viennent nos pensées (discernement des esprits) ?

Nos pensées peuvent venir de Dieu, de nous ou de mauvais esprits. Dieu, le Saint-Esprit qui nous suggère quelque chose et qui se glisse à l’intérieur de notre esprit (l’Esprit Saint se joint à notre esprit pour nous suggérer par exemple de rendre service, de faire le bien ou de répondre à tel appel). Cette réflexion vient parfois à l’improviste : elle vient du Saint-Esprit.

Nous sommes tous des sujets capables de penser par nous-mêmes et nous pouvons nous rendre compte de ce qui se passe en nous.

Mais il y a des pensées qui nous viennent de Satan et de mauvais esprits. Certaines sont faciles à repérer. Ce sont des tentations claires : si surgit en nous l’envie de tuer une personne ou de nous mettre en colère, cette tentation ne vient pas d’abord de nous.

13. Comment discerner ce qui vient de L’Esprit Saint ?

L’Esprit Saint est la source du bon imprévu, de la surprise : il résonne comme un appel. Il se manifeste dans une joie à accueillir, joie à laquelle nous n’étions pas préparés : un appel téléphonique ou une rencontre nous interpelle et nous surprend.

14. Comment nous éloigner de ce qui nous vient du mauvais ?

Dans ce discernement, il faut s’exercer à voir les pensées qui nous éloignent de Dieu : les tentations classiques ou les tromperies du mauvais, les illusions qui surgissent en nous. Le « menteur » agit parfois comme un magicien qui transforme la réalité et nous conduit dans une mauvaise direction.

15. Quels sont les fruits de l’accompagnement ?

Les fruits de l’accompagnement nous rapprochent du Seigneur. Un  bon accompagnement donnes : la liberté s’engage et des choses bougent dans la vie spirituelle de l’accompagné. On peut observer aussi comme un apprentissage et une croissance de la communion et de l’amitié avec Dieu.

Cette connaissance plus profonde des voies de Dieu nous indique aussi qu’il ne faut pas tout reprendre à la case départ lors de chaque rencontre. Les fruits apparaissent surtout dans la manière dont nous assumons dans le Seigneur ces variations de la vie. L’accompagnement s’adapte ou pas à ces nouvelles questions qui rejoignent la vie personnelle : il indique que nous ne sommes pas dans une impasse, mais dans un nouvel appel ou un temps de patience.

16. L’accompagnateur peut-il donne le sacrement à celui qu’il accompagne ?

L’accompagnateur, s’il est prêtre, peut donner le sacrement du pardon, mails il distingue bien les choses. Si l’accompagnateur est laïc, il conseillera l’accompagné d’aller au sacrement sans insister ni indiquer le prêtre.

L’accompagnement consiste le plus souvent à parler de ce que Dieu nous a communiqué et de ce qu’il a fait en nous. Dans la confession, on parle à Dieu en confessant sa foi dans son action en Église. Ces deux démarches différentes sont fort liées et se fortifient mutuellement dans la croissance spirituelle.

17. Quelles seraient les raisons pour choisir son accompagnateur ou pas ?

Les raisons de ne pas prendre tel prêtre comme accompagnateur spirituel : une distance avec les personnes avec lesquelles on travaille est nécessaire. Il vaut mieux prendre quelqu’un qui peut avoir une distance par rapport à ce qui est vécu. Si l’on travaille dans une paroisse avec un curé ou un vicaire, on ne va pas le prendre comme accompagnateur puisque que l’on est sur un projet commun (tout le moment).

Si le prêtre a une autorité quelque part et une responsabilité en proximité, il vaut mieux ne pas le prendre comme accompagnateur pour ne pas mélanger les champs d’autorité. Pour éviter certains désaccords ou une certaine instrumentalisation de la vie pastorale ou spirituelle, il convient de faire la distinction. Car si le prêtre nous connaît trop bien dans la vie pastorale, comment va-t-il faire la distinction entre le projet porté ensemble et avec d’autres et notre propre vie spirituelle qui concerne le tout de ma relation au Christ ?

18- Y a-t-il une différence entre un psychologue chrétien et un accompagnateur spirituel ?

Le psychologue nous demande souvent de faire appel à notre mémoire pour éclairer les événements de notre vie. Parfois, on se souvient de tel ou tel événement, parfois on est marqué par des rêves récurrents. La psychothérapie est une aide pour analyser et résoudre certains blocages, retard de croissance et de maturation, blessures etc. Le psychologue est attentif à des souffrances, à des blocages, à des maladies, à des dépressions, à des tics. Il peut donc être nécessaire d’en rencontrer un pour être plus en paix avec sa personne. Sa tâche est de découvrir les blessures ou des maladies du psychisme et de proposer des remèdes.

L’accompagnement spirituel se fait au niveau de la personne toute entière et concerne la vie d’union à Dieu : la prière et les sacrements en font partie.

19. Quels sont les différents termes utilisés dans l’accompagnement ?

- directeur spirituel ;

- confesseur.

- père spirituel.

- conseiller.

20. Peut-on dire que tout chrétien qui a envie de progresser dans sa vie spirituelle a besoin d’être accompagné ?

C’est une nécessité et c’est très important pour l’Eglise d’aujourd’hui. Effet, c’est dans le dialogue avec un accompagnateur spirituel qu’on peut retrouver cet art de l’écoute intérieure, et devenir libre. A chaque instant de notre vie, on est conduit par l’Esprit et pour le percevoir il faut développer ses sens spirituels. Le dialogue avec l’accompagnateur permet d’aiguiser son oreille.