Avec le Pape François, invitant aussi les Tchadiens: « prions ensemble comme frères pour la libération de toutes les pandémies ».

En ce jeudi 14 mai 2020, en la Fête de Saint Mathias, celui qui avait été choisi pour remplacer Judas dans le Collège des Apôtres, le Pape François prie et invite tout le monde à prier pour que Dieu nous libère de la pandémie. Pour les Tchadiens, nous présentons les morceaux choisis suivants commentés et annotés pour votre vie spirituelle en ce temps de coronavirus au Tchad. Cette invitation du Pape fait suite aux échos à « la Journée de prière promue par le Haut-Comité pour la Fraternité humaine qui demande au Seigneur la fin de la pandémie de Covid-19 ». Ce Comité regroupe tous les leaders religieux du monde. Le Saint Père nous appelle pour cette pandémie et bien d’autres comme la faim, la guerre… qui provoque aussi beaucoup de morts (surtout dans des pays comme le Tchad). Puissent les Tchadiens s’unir derrière leurs leaders religieux (Evêques, Imams, Pasteurs…) et peut-être aussi les chefs traditionnels religieux dont les fonctions ne distinguent point le religieux du profane !).

Rappelons les mots de Sa Sainteté, depuis la Résidence Sainte Marthe : «Le Haut-Comité pour la Fraternité humaine organise aujourd’hui une journée de prière, de jeûne pour demander à Dieu miséricorde et pitié en ce moment tragique de pandémie. Nous sommes tous frères. Saint François d’Assise disait :“tous frères”. Et c’est pour cela que, hommes et femmes de toute confession religieuse, nous nous unissons aujourd’hui dans la prière et dans la pénitence, pour demander la grâce de la guérison de cette pandémie». C’est ici le lieu pour les Tchadiens de montrer leur religiosité, et de se rappeler ce qu’ils font déjà qui est une avancée grandiose dans les intentions et les bonnes volontés des leaders religieux au Tchad de promouvoir la paix. La Journée de Prière pour la Paix au Tchad, tant appréciée et voulue par feu Monseigneur Mathias Ngarteri Mayadi, est un motif d’orgueil pour tous le croyants vivant au Tchad. Cest donc une réalité que nous connaissons!

En cette journée où les leaders religieux du monde (catholiques, protestants, musulmans, hindouistes, bouddhistes, shintoïstes, etc.) invitent à prier pour que Dieu nous délivre de la pandémie, il n’est point question de vous laisser tenter par des considérations fatalistes ou trompeuses qui ne manquent pas d’ailleurs. Les Tchadiens, en ces temps d’informations et de désinformations, tous les Tchadiens aussi doivent être invités à prier Dieu car de Dieu Seul dépend et ne pas cesser d’agir pour trouver des solutions à leurs hommes. Il est plus facile de tomber dans des accusations de mauvaises gestions des aspects techniques mais il est aussi plus dangereux de tomber dans des considérations fatalistes. Si on vous raconte en même temps que le virus du coronavirus est fabriqué dans un laboratoire et dans le discours on vous dit que des groupes puissants contrôlant les formes diverses d’économie mondiale sont ceux qui vous envoient la pandémie, pour les Tchadiens habituels, tout cela parait trop compliqué pour croire aux uns ou aux autres. Et si cette journée vous est annoncée ce ne serait donc point pour que vous vous recroquevilliez sur vous-mêmes dans vos préjugés ou croyances aux faiseurs de mal ou autres sorciers connus dans vos univers. Cette journée est une journée pour prier c’est-à-dire pour que chacun se tourne vers DIEU UNIQUE dont tous nous sommes fils et filles et à QUI nous nous adressons par des modalités différentes. C’est d’ailleurs en ces sens que les rencontres œcuméniques que les Papes organisent dans la ville d’Assise (Italie depuis quelques décennies).

Face à un mal plus grand qui a surpris tout le monde, le Pape invite à prier et ses mots sont tranchants, comme s’ils étaient choisis pour les Tchadiens : «Nous ne nous attendions pas à cette pandémie, elle est arrivée sans que nous l’attendions, mais maintenant elle est là. Et beaucoup de gens meurent. Et beaucoup de gens meurent seuls et beaucoup de gens meurent sans pouvoir rien faire. Tant de fois, mous pouvons penser : “Mais je n’ai pas à le faire, Dieu merci, je suis sauvé”. Mais pensez aux autres ! Pensez à la tragédie et aussi aux conséquences économiques, aux conséquences sur l’éducation et à ce qui va se passer ensuite. C’est pourquoi aujourd’hui, tous les frères et sœurs de toute confession religieuse, prions Dieu.» Les conséquences sont déjà annoncés terribles pour les Tchadiens : la santé, l’économie, l’éducation, etc. Que feront tous ces Tchadiens sans moyens qui ne pourront pas rien d’ailleurs malgré leurs bons vouloirs. C’est donc le moment de se rappeler que nous avons à bâtir un Tchad uni. Cela ne peut être un Tchad meilleur avec certains sans les autres. Et le Pape François de nous rappeler que «nous ne prions pas les uns contre les autres, cette tradition religieuse contre celle-ci, non ! Nous sommes tous unis en tant qu’êtres humains, en tant que frères, priant Dieu, selon notre propre culture, selon notre propre tradition, selon nos propres croyances, mais frères et priant Dieu, c’est cela qui est important : frères, jeûnant, demandant à Dieu le pardon de nos péchés, afin que le Seigneur ait pitié de nous, afin que le Seigneur nous pardonne, afin que le Seigneur arrête cette pandémie. Aujourd’hui est un jour de fraternité, de regard vers l’unique Père, frères et paternité. Journée de prière.» La pandémie déjà nous a fait comprendre que personne ne contrôle réellement le rythme du monde sinon Dieu Seul. Et cette demande de prière que reprend le Pape François vient nous le confirmer. Les dirigeants politiques (de tous les pays, puissants ou suiveurs d’autres et d’ordres), les dirigeants religieux (toutes confession confondues), les pauvres sans voix, les ignorants et les génies divers, sont tous conviés et concernés par la pandémie et il leur faut trouver des réponses. Pour cela alors prier et agir. Prier sans rien faire, serait laisser Dieu seul agir ; agir sans Dieu serait se croire se dispenser de Dieu (tentative qui a déjà échoué depuis Nietzsche).

Le Pape François a aussi mentionné les autres pandémies, lesquelles pour les Tchadiens sont habituellement : « Cette prière aujourd’hui pour demander au Seigneur d’arrêter cette pandémie doit nous faire penser à d’autres pandémies dans le monde. Elles sont nombreuses ! La pandémie des guerres, de la faim et bien d’autres». Dieu seul sait combien de Tchadiens meurent chaque année de faim, des conséquences de nos guerres interminables… Aux pandémies habituelles des Tchadiens, le coronavirus est venu ajouter cette dimension tragique commune à tous les peuples, pays, lieux et espaces : la tragédie du coronavirus. Et donc prions que «Que Dieu arrête cette tragédie, qu’il arrête cette pandémie».

En définitive cet appel à la prière pour que Dieu nous libère du coronavirus est un appel à la conversion personnelle et collective comme pays. Si chacun est libère de ses égoïsmes, il sera plus enclin à penser aux autres et donc à prier pour que la pandémie s’arrête. Un appel au sentiment humain commun à tous les humains en temps de tragédie : la compassion, la pitié et donc l’amour du prochain. Ces trois dimensions humaines sont partagées par tous les humains… même si certains feintent la méchanceté cela ne peut durer plus longtemps car Dieu est juste et sa justice dépasse celle des hommes. Ecoutons les leaders religieux et prions pur que Dieu nous libère du coronavirus.