Douleur et souffrance. Suivre le raisonnment de Saint Ignace

Douleur et souffrance. Suivre le raisonnment de Saint Ignace

Dpouleur et souffrances, une compréhensionà partir de Saint Ignace de Loyola.

http://https://www.jesuites.com/nos-missions/paroisses-et-chapelles/ : des précisions préalables: mal universel

Demandez la grâce de reconnaître et d’être présent, présent à l’Amour de Dieu, Père, Créateur: sa bonté et la beauté du plan d’amour pour notre monde et pour chacune de nos vies qu’il crée et appelle constamment à l’existence. Mais nous sommes conscients que notre humanité blessée peut nier l’Amour offert.

Pourquoi ?

Notre monde est blessé, chacun es blessé, je suis blessé aussi, je suis loin d’être disponible pour ce que Dieu veut et veut pour moi. C’est l’experience de chacun. Nous entrerons dans ce monde blessé et brisé et dans notre existence blessée. Une façon de faire est de regarder d’abord plus grand: le mal universel. Sentez-vous en solidarité avec l’humanité blessée. Nous pouvons présenter avec Saint Ignace de Loyola le mal comme une histoire.

Personne ne doit rester indifférent au problème du mal et de la souffrance. Mais nous tenons compte du fait qu’il existe deux catégories de mal: le mal universel et le mal personnel. Les responsabilités sont différentes face à un mal subi et à un mal causé. La conscience du mal causé dans ma vie, ce mal, implique une responsabilité plus ou moins consciente.

  1. Douleur et souffrance dans la vie et l’œuvre de Saint Ignace de Loyola.

Ignacio de Loyola a fait l’expérience personnelle de la douleur et de la souffrance physique et spirituelle. Il a été blessé à Pampelune et a eu une longue période de convalescence dans sa ville de Loyola, il a eu beaucoup de désolation et de tourments à Manresa. Les douleurs/souffrances ont duré pendant la phase d’apparition de la conversion mais aussi plus tard pendant ses études, ses voyages, jusqu’à sa mort en 1556. Outre les souffrances spirituelles, Ignace a également subi des blessures, des persécutions, des épreuves et des malentendus.

Pour la culture moderne, le problème de la douleur est que la douleur existe et qu’il faut y mettre fin, ou du moins réduire sa présence; même si la souffrance peut façonner l’homme de l’intérieur, lui ouvrir à de nouveaux horizons de compréhension de Dieu, de vie et de solidarité humaine. Au contraire, l’existence de la douleur conduit à douter ou à nier l’existence de Dieu. D’autres disent que la souffrance est le roc de l’athéisme, son plus fort rempart.

Ignace part de l’existence de la douleur et sa question est pratique: comment vaincre la douleur avec le Christ, comment continuer aujourd’hui la mission du Christ crucifié pour que la souffrance inévitable que cette décision et la vie elle-même entraînent ne devienne pas scandale ou paralysant quatrième. Parce que ces considérations sont des conclusions et des dangers de questions théoriques sur la douleur. Pour Ignace, il y a une opportunité pour un amour et une suite plus purifiés de Jésus-Christ et un dévouement plus évangélique à sa mission de soulager la douleur des autres. C’est le défi de l’expérience de Dieu dans l’expérience humaine de la souffrance.

  1. Douleur et souffrance dans les exercices et les constructions.

2.1 la douleur du péché.

Pour Saint Ignace, une première forme de souffrance est celle de la douleur, des larmes que le chrétien demande à Notre Seigneur pour la souffrance qu’il a lui-même causée à Dieu dans ses créatures et pour la réponse miséricordieuse de Dieu au péché. C’est une douleur subie par la douleur causée face à la miséricorde reçue. Car toute la création vient de Dieu et pourquoi le péché blesse cette création et déforme le plan salvifique de Dieu sur elle, cette douleur infligée au monde et est également sur Dieu. Cette première forme de douleur ne s’identifie à aucun dollar humain, encore moins à tout ce qui a le goût du masochisme. Cette souffrance est la grâce divine.

2.2 La douleur de la suite du Christ.

La seconde forme de douleur librement choisie et volontairement suppliée vient de l’appel personnel du Seigneur et de la décision de le suivre. La gratitude se transforme en douleur intérieure et en suite de Jésus-Christ et de son projet salvifique.

2.3 Douleur pour Jésus, notre Seigneur.

La troisième forme de douleur subie vient de l’amour pour la personne de Jésus. Celui qui aime purement et sincèrement veut partager la souffrance de la personne qu’il aime. Ainsi, le chrétien qui aime le Seigneur et le suit souffre avec lui aujourd’hui dans notre monde. C’est aimer l’humanité blessée de Jésus qui va à la passion et la souffre pour moi.

2.4 La douleur de l’ascèse libre.

Enfin, il existe une autre forme de douleur présente, c’est la douleur volontairement recherchée: c’est la douleur des pénitences externes qui touche notre sensibilité externe. C’est un message corporel direct et concret que le moi libre envoie au monde des désirs et des instincts naturels pour leur faire savoir raisonnablement dans quel sens ils sont invités à désirer et à l’autodétermination délibérée. Ce n’est pas un exercice purement acétique d’une quelconque valeur en soi, c’est un signe de ce qui se passe à l’intérieur, une ascèse au service de la seule chose qui veut et qui intéresse: remercier et applaudir Dieu.

  1. La douleur n’a pas été demandée, mais s’est simplement produite et l’on souffre.

Dans toute vie, il y a un type de douleur et de souffrance qui n’est ni demandée, ni désirée, ni librement choisie. C’est la douleur soudaine (Santiago Arzubialde). Ces douleurs sont: les souffrances produites par la perte d’honneur, par les insultes et les persécutions, par les échecs. C’est la douleur causée par les difficultés, la fatigue, la frustration apostolique. C’est finalement la douleur qui nous vient de nos propres maladies et de la mort d’êtres chers. Personne n’a demandé cette souffrance mais là c’est qu’elle vient plus tard à la chair avec cette capacité qu’elle possède à désorganiser la vie ou à transformer la vie en rapprochant Dieu et les autres.

Saint Ignace de Loyola présente sa vision théologique de cette souffrance: Dieu cause ou permet cette douleur avec un dessein toujours bon; il est actif et présent en lui, ce qui le conduit à se qualifier de visitation divine; Cette visite donne à l’homme la possibilité de le transformer en un lieu de rencontre, d’adoration et une ouverture et une disponibilité toujours plus grande, un amour plus pur pour Dieu. Vu positivement pour affronter la souffrance humaine du point de vue de la foi:

1) Dieu visite avec des œuvres corporelles et spirituelles. Dieu est actif dans la souffrance humaine, permettant un plus grand amour pour lui et la croissance de toutes les vertus, en particulier la patience, la foi et l’espérance. Par la foi qui nous amène à voir en Dieu un dieu qui est un éducateur de l’homme, prévenant aimant et toujours actif.

2) Parce que plus nous apprenons à nous connaître et plus nous perdons notre amour pour les choses que nous avons soulevées qu’avec ces choses, nous visitons les gens que nous aimons beaucoup. Un Dieu qui, dans l’acte même de la douleur, invite l’homme à sortir de lui-même, à se libérer des liens qui l’empêchent d’articuler sa liberté dans la sienne.

3) Un serviteur de Dieu dans une maladie sort des moyens pour redresser et ordonner sa vie dans la gloire et au service de Dieu notre Seigneur. Dans la souffrance, Dieu veut que nous apprenions à souffrir avec la souffrance. Un Dieu qui nous invite à être compatissant avec la douleur des autres. Dieu nous invite à centrer son cœur uniquement sur Dieu, à nous abandonner sans réserve au mystère de son amour.

  1. Pour une réflexion et une synthèse de nos jours

Dans la perspective théologique selon Saint Ignace de Loyola, l’homme et les choses sont reçus de Dieu, ce sont des créatures de Dieu et tous ont leur vocation à être orientés vers Dieu. Rien ne peut être autonome en soi, étranger à cette origine et à cette vocation divines. Le but de la spiritualité ignatienne est de rechercher et de trouver la volonté de Dieu en toutes choses afin de l’aimer et de le servir en toutes. De tout cela, tout fait partie de la vie humaine et de ses concomitants de rire et de pleurs, de succès et d’échec, de santé et de maladie, de vie et de mort.

Le professeur Nuria Gayol parle de souffrir avec patience des défauts des autres. Il nous donne une explication de Paul qui tente d’expliquer la vie chrétienne, par l’action du mystère du Christ, invitant que cette démarche avec humilité, patience permette de souffrir les uns les autres avec qualité et soulignant à quel point cela contribue à l’unité de l’Église (Ed 4,2-3). Cette souffrance plus mutuelle est également recueillie dans Col 3,12 lorsque Saint Paul invite la communauté à faire face et à se pardonner comme le Christ l’a fait avec nous.

Dieu s’est fait homme en son fils Jésus-Christ pour nous montrer la vraie vie. Jésus n’est pas n’importe quel homme, peu importe à quel point vous voulez être dévoué. Il est notre Créateur et Seigneur, l’un de la Trinité avec nous. En quoi consiste l’être humain, le monde que Dieu veut et rêve de l’humanité ne prend que nous savons en lui. Comment intégrer la souffrance dans cette vocation divine, nous n’apprenons qu’en la contemplant. Ressentir le désir d’être placé avec le Fils est le grand a priori en action, le principe non seulement de toute existence chrétienne mais aussi de toute la mission apostolique. Un tel désir est dirigé pour participer à sa mission dans le monde. Et cela est évident mais inclut la participation aux souffrances de l’être cher qui accomplit et soutient cette mission. Jésus n’est pas venu seulement pour souffrir pour nous, mais pour nous sauver. Telle est la vraie vie selon Dieu.

4.2 Douleur et souffrance, sécurité et bonheur.

La douleur et la souffrance ont un impact violent sur les tendances innées les plus fortes et les plus enracinées de l’être humain: le besoin de sécurité et de bonheur. Pour l’arrêter et le mettre à l’intérieur, il représente une fissure dans l’horizon des attentes humaines (Santiago Arzubialde). Bien comprendre et d’une moto logiquement saine avec cette fissure n’est pas du tout facile. Un instinct n’est correctement réprimé que lorsque son objectif naturel et direct est proposé par un autre, mais doté à son tour de sens et de valeur; capable donc d’être désiré par l’homme. Cet objet différent que nous propose saint Ignace de Loyola pour sublimer sainement sans la refouler, la tendance au bonheur et à la sécurité sur laquelle conduit la souffrance, n’est autre que Jésus-Christ et sa mission. Jésus-Christ, en devenant homme pour sauver et donner vie à l’humanité, n’est pas seulement descendu du ciel sur la terre, mais aussi de la terre vers la souffrance et de la souffrance en enfer pour entraîner tous ses frères les morts vers Dieu.

La proposition sublimatrice d’Ignace de Loyola consiste à les inviter à contempler tant et tant d’amour gratuit de Dieu en Jésus-Christ. Il n’est pas invité à se connecter avec les sources humaines de gratitude à partir desquelles renaître à une vie d’amour et de suivre le Christ. Il nous invite aussi à descendre avec lui dans le monde, en participant personnellement et activement à la soumission complice et à son mystère pascal. Vous n’êtes pas non plus invité à attendre en y vivant et en travaillant avec le coma partageant sa gloire. Une telle contemplation pleine de gratitude et d’amour pour Jésus-Christ pour ce qu’il a fait pour le monde et pour moi continue d’afficher un immense potentiel de transformation. Pedro Arrupe disait: votre image de moi suffira à me changer (1981).

4.3 Trouver Dieu là où Il est descendu.

Il est seulement possible de trouver Dieu en toutes choses, d’expérimenter le transfert divin des choses, qui trouve Dieu là où il est descendu au plus épais, du plus dentelé au divin, le plus sombre, le plus inaccessible de ce monde : La croix du Christ. Cela va à l’encontre de tous les idéalismes spirituels. La rencontre de Dieu dans la croix de Jésus-Christ est appelée à guérir de la racine toutes nos projections sur ce que Dieu lui arrive et où il doit être trouvé. Car là, sur la croix, ce n’est pas le lieu où il devrait être selon nos complications, que nous devons christianiser. Sans Dieu, il y a un risque qu’au lieu de trouver Dieu en toutes choses et en tout, nous vous trouvions dans notre propre image projetée. Le professeur Nuria Gayol nous invite à réfléchir aux obstacles pour souffrir patiemment les défauts des autres, soulignant la difficulté de pouvoir déplacer le centre de la question de soi vers l’autre. Il s’agit de renverser cette polarité pernicieuse dans laquelle je suis la victime et l’autre l’agresseur, pour réaliser que je peux avoir une solution entre mes mains, tant que je suis capable de mettre l’autre au centre de mon intérêt et de mes préoccupations. . On retrouve ici 6 enjeux ou obstacles communs: le regard vers l’autre, l’acceptation de soi, la résistance à perdre voire à gagner, l’oubli de la patience de Dieu avec nous, l’existence comprise comme immédiateté et psychologiser la proposition ou tenez compte de tout cela, vous les honorez.

4.4 où nous trouvons des difficultés concernant la douleur.

Nous trouvons des difficultés dans la douleur qui a suivi. Nous sommes confrontés à un type de souffrance plus opaque, apparemment plus dénué de sens, plus destructeur. Plutôt, ce type de douleur et de souffrance aboutit à la frustration de l’institut du bonheur, ou à la malédiction envers Dieu, à l’idolâtrie ou au blasphème. Dans cette forme de douleur humaine, le coma réel de Dieu est le défi de la foi. Là si nous trouvons l’évitement de nous quitter et de nous confier et de nous abandonner en Dieu. Père de Dieu accessible car Dieu est un Dieu libre, il est mystérieux et impossible à manipuler dans ses voies et dont l’un est celui-ci. Mais il faudra avoir une certitude: Dieu n’utilisera jamais sa liberté contre nous car sa Liberté coïncide avec son Amour et Dieu est Amour, la compassion de Dieu descend vers la souffrance humaine, s’y perdant sans cesser d’être soi-même. Communier avec Dieu par diminution jusqu’à ce qu’il soit tout en nous, c’est vivre la douleur et la relever dans notre compréhension de soi. Il ne nous permet plus de nous soutenir sur notre valeur, sur nos pouvoirs ou sur nos œuvres, mais seulement sur lui et son amour.

Conclusion:

La théologie du XXe siècle à signe de la passion se devine comme sa miséricorde, c’est une forme spécifique de la mère qui est divine. C’est un trait déterminant de sa divinité. Parler de la miséricorde de Dieu, c’est nécessairement parler de sa patience. Cette patience est la condition de possibilité de l’histoire et du salut. Dans les textes bibliques, nous constatons que Dieu prend l’initiative d’éliminer l’affliction humaine comme la douleur et la souffrance humaines. Cette initiative naît de sa compassion de voir la souffrance que l’homme lui-même apporte. Cela signifie que cette patience jaillit de sa miséricorde, de sa compassion en voyant la souffrance que l’homme lui-même apporte. Cela signifie qu’il découle de sa miséricorde qui est comprise comme une disponibilité à partager l’affliction des autres ainsi que la souffrance des autres. C’est un appel à participer à cette disponibilité divine d’apparaître à l’autre coma en se laissant influencer par sa situation.

Nous supposons que l’amour achever les six appels à notre vie chrétienne qui pourraient rendre possibles des exercices de miséricorde lorsque nous voulons faire face à la douleur et à la souffrance de notre monde:

1) Ouvert dans nos temps d’existence et espaces pour l’autre.

2) Osez apparaître: souffrez avec patience des défauts des autres en acceptant ce défi des passions des autres.

3) Présentez l’amour qui soutient tout.

4) Attendez patiemment les autres: Dieu est le Dieu de l’espérance.

5) Répondez et résistez à la violence avec patience.

6) Activez la patience qui a le jugement et la vengeance (Lc15, Lc 23, 34; Mt 1821-33).

 

Madrid, le 18 janvier 2020, pour la synthèse

P. Camille Manyenan Nodjita, sj.

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