enseignements tirés du Pape pour les Tchadiens à l’occasion du 50 anniversaire de la Journée de la Terre… en temps de coronavirus 20202.

Les 7 enseignements à retenir de l’audience du Pape François, le 22 avril 2020, à l’occasion de la 50ème Journée Mondiale de la Terre comme appel à « renouveler notre engagement à aimer et protéger notre maison commune ». Je donnerai des exemples concrets pour faire mieux à mes parents du Tchadiens, car en ce temps de confinement, la charité reste de rigueur : partager avec le prochain, au Tchad où il n’a pas toujours la connexion à Internet avec liberté et à moindre frais… Dans les lignes qui suivent, nous lirons ce que dit le pape François, et nous donnons un exemple concret (mais vous pouvez compléter ou changer…)

1. La Terre est « une occasion pour renouveler notre engagement à aimer et protéger notre maison commune ». Prions pour que tous les Tchadiens entendent cela. Donc la terre, et précisément sa portion où est délimité un territoire avec le nom « Tchad », est aussi un territoire commun à tous les Tchadiens. Si la terre est maison, et donc, le territoire est commun à tous. Et si ce territoire est notre maison, nous ne devrions pas la quitter sous des pressions politiques ou idéologiques. La question de la propriété terrienne ou plutôt cadastrale est difficile au Tchad, et il est difficile au Tchad de percevoir que la terre est vraiment une maison pour ceux qui s’y trouvent.

«Créés à l’image de Dieu, nous sommes appelés à respecter toutes les créatures, à en prendre soin, et, à l’exemple de Jésus, à avoir compassion pour tous nos frères et sœurs, en particulier les plus faibles”. Ici, nous devons reconnaitre que beaucoup de Tchadiens font des efforts, parfois inhumains, pour avoir de la compassion pour les créatures, notamment quand il s’agit des créatures en espèces d’animaux domestiques de compagnie ou de ressources économiques. Dans beaucoup de villages tchadiens, il y a des gens qui sont très attachés à leurs chèvres, moutons, chameaux, chiens, bœufs, chevaux, cochons, ânes… Ils éprouvent certainement de la compassion pour ces créatures. Mais on peut observer des fois, tous les Tchadiens n’ont pas les mêmes sentiments de compassion pour les créatures végétales : arbres comme les dattiers, arbres à neré, le karité… ou les plantes comme le mil sorgho, manioc, riz… Prions Dieu pour que les Tchadiens aient une compassion équilibrée pour les créatures, pour les éléments de la terre car elle est leur maison commune.

3. « Par égoïsme, nous avons manqué à notre responsabilité de gardien et d’administrateur de la création ». Ici, tous les Tchadiens nous tombons dans le péché contre les éléments de la nature où nous vivons (ou pour être plus précis, où nous avions vécu) : cela fait plus 40 ans que nous chantons, pour avoir reconnu la gravité de la chose, que le désert avance à grands pas au Tchad. Mais certainement, pourrions-nous dire, notre égoïsme nous a amenés à être des gardiens de nos intérêts plutôt des gardiens et administrateurs communs de notre terre, maison commune. Quelques-uns pourraient même êtres nostalgiques des bons vieux temps où il existait encore des forêts sacrées, des terres interdites d’usage aux habitants sinon réservées à quelques catégories de sages… Pour les gens de Ndjamena, cela passe de commentaires : même les arbres nimiers que les premiers collégiens lamyfortains ont plantés à Walia Ngonba, nous les avons tous coupés pour nos bois de chauffe…

«Nous l’avons polluée et pillée commettant ainsi une faute contre la terre, contre notre prochain, et contre le créateur qui, cependant, pourvoit à chacun et veut que nous vivions ensemble, dans la prospérité ». Ici encore, nous Tchadiens, devons faire un long chemin vers la contre nous-mêmes pour moins polluer la nature. En gardant toutes les règles de pudeur, nous devrions tous faire nos besoins (aller aux toilettes) dans les lieux dits toilettes. Les anciens de nos villages se rappellent que normalement un homme respectable ne fait pas ses besoins en l’air, sinon dans un endroit réserve pour cela. Maintenant que nous avons migré vers la ville, ayons aussi des comportements des citadins : les besoins (permettez-moi la grossièreté publique : uriner, pisser, chier, se laver…) doivent se faire dans les lieux indiqués. Ce n’est pas parce que vous êtes propriétaires du bar que cela vous donne droit de pisser dans les rigoles attenantes; ni que vous êtes boutiquiers et vous n’avez plus besoin des toilettes pour user des coins du mur pour uriner.

5. « Pour retrouver un rapport harmonieux avec la terre et l’humanité, il nous faut considérer de manière nouvelle notre maison commune : non plus comme une ressource à exploiter. La Bible affirme la bonté du monde naturel créé par Dieu pour soutenir l’humanité ». La nature est bonne, généreuse, obéissante et tolérante envers nous. Tous les vieux de nos villages le savent très et y gardaient leurs secrets, y allaient chercher leurs médicaments, y faisaient leurs rites d’initiations, y cultivaient… tout en a respectant et donc il y a avait cette harmonie sentie et vécue. Le pape nous invite à vivre de cet esprit de respect pour la nature que la Bible déclare bonne et secours de l’Humanité. Et quand le souverain Pontife nous invite à une nouvelle relation harmonieuse avec la terre et avec l’humanité, c’est une invitation à comprendre la dimension mystique de la nature. Quand certaines populations du Tchad pensent que la terre leur parle, c’est aussi une façon de cette mystique. C’est ce qui se passait quand quelqu’un a tout oublié ou quand il n’y avait pas d’autres secours, l’on se plaint envers la terre : ‘’pourquoi la terre ne m’a pas parlé ?’’. Mais c’est parce que dans leurs compréhensions de Dieu, Il devrait vivre dans la nature, en l’occurrence la terre. Les Gor (populations du Tchad) le chantent fièrement en buvant leur yiwi : Donang lee elim taal wa ? donang elim taa !!! Et le pape de marteler, pour confirmer ces vieux Gor : «nous sommes appelés à retrouver le sens du respect sacré pour la terre, parce qu’elle n’est pas seulement notre maison, mais aussi la maison de Dieu».

6. «Nous avons péché contre la terre, contre notre prochain, et en définitive contre le Créateur, le Père bon qui fournit ce qu’il faut pour chacun et qui veut que nous vivions ensemble en communion et prospérité». Si nous reconnaissons que c’est Dieu qui a créé tout qui existe, nous reconnaitrons, avec Saint Ignace de Loyola, que Dieu présent dans toutes les créatures : dans les éléments en leur donnant l’être; dans les plantes en leur donnant la végétation; dans les animaux en leur donnant de sentir et dans les hommes. Et cette manière, nous comprenons que Dieu est en moi-même de ces différentes manières, me donnant tout à la fois l’être, la vie, le sentiment et l’intelligence. Il a fait plus en faisant de moi son temple. L’homme a créé à la ressemblance et à l’image de sa divine Majesté. Prenons conscience de notre péché, à chaque fois que nous avons manqué à notre responsabilité envers la terre.

Dieu pardonne toujours, nous les hommes nous pardonnons parfois, mais la Terre ne pardonne jamais». Ici ce sont des mots durs à écouter pour les Tchadiens. Dieu pardonne car Il est source de tout bien, mais la terre est une créature qui n’a pas au de la de sa générosité à nous donner des fruits naturels gratuits. Nos ancêtres s’étaient rendus compte que la nature était généreux mais les produits de la terre pouvaient finir, ou même la terre pouvaient vieillir et ne plus donner son fruit. Et comme ils ne servaient de la raison discursive mais plutôt de la raison pratique, ils interdirent l’usage de la terre, des lieux de la nature en les déclarant sacrés. De cette manière, tous les habitants prenaient conscience qu’il y avait besoin d’obéir aux interdictions des sages. Aujourd’hui, nous arrivons avec nos logique discursives, nous vouons tout savoir et tout utiliser pour résoudre nos problèmes à nous maintenant. Prenons un exemple simple, et après chacun prendra les exemples de son village : dans les villages de la localité de Bouna, dans la pleine entre Bangoul et Bouna, il y avait beaucoup de rôniers, et pratiquement ce fut la seule région du Tchad avec des champs à perte de vue des arbres rôniers. Mais il survint que les villageois et leurs maitres, voulurent bois de rôniers pour leurs constructions des maisons. Naïvement les populations acceptèrent ou furent forcées par les circonstances et les besoins d’argent de couper tous les arbres pour les constructions. La conséquence, c’est que aujourd’hui, il n’y a pas 100 pieds de ces arbres rôniers là où ils formaient une forêt infranchissable… la nature est impardonnable à ce sujet : le rônier est un arbre qui pousse très lentement. La nature ne pardonne pas: tous ces villages qui vivaient autour de ces forets de roniers regrettent amerement. En 25 ans, il atteint l’âge de donner des fruits, mais pas avant… et dans un contexte tchadien où les projets qui valent sont ceux qui ne depassent les trois ou cinq ans, le reboisement des roniers ne serait pas pour demain. Ceux qui vont le faire ne sont pas encore nés? C’est la meme chose aussi avec les villageois pecheurs de Narmbanga (Koumra), ils n’ont pas entretenu ou defendu leur plaine verdoyante et alors aujourd’hi ils ne peuvent plus y cultiver le piment si bon qui les distinguaient et les faisaient vivre. Mais vous pouvez citer vos exemples car on sait dans certains villages, les villageois ont coupé tous les arbres pour donner des feuilles à manger à leur bêtes. Dans tous les cas, personne n’a conscience qu’il faut replanter. Je vous fais grâce des tentatives des écologistes. Je vous donnerai des nouvelles si je trouve des intiatives qui auront fait des preuves contraires, ou même en s’occupant des questions environnementales dans les villages au même titre que les villes ; ou encore en proposant des initiatives des villages différentes et celles des villes, deux mondes avec deux perspectives environnementales différentes.  La nature ne pardone pas donc avant de la blesser reflechis d’abord… avant de couper l’arbre, la branches, la feuilles, reflechis. ce que je dis ici, vous pourrez aussi trouver ailleurs chez les experts en la matière

Voilà partagé pour vous le sens de l’audience du Saint Père à l’occasion de la 50ème Journée de la Terre. Union de prière…