Pape François prie, aussi pour les Tchadiens, « infirmières et les infirmiers, exemples d’héroïsme »

Le 12 mai est la journée mondiale des infirmiers et infirmières. Nous reprenons ici les morceaux choisis du Pape François pour les Tchadiens exerçant ce métier noble de soigner les malades. Ici pour ne pas entrer en polémiques, nous disons tous les infirmiers, infirmiers, sages-femmes, tous les agents de santé, sans regarder quels diplômes ils ont eus et surtout dans quelles institutions ils ont étudié (s’il est vrai qu’ils ont étudié). Rappelons les mots du Saint Père, Pape François : «Aujourd’hui, c’est la journée des infirmières. […] Prions aujourd’hui pour les infirmières et les infirmiers, hommes, femmes, jeunes hommes et jeunes femmes, qui exercent cette profession, qui est plus qu’une profession, c’est une vocation, un dévouement. Que le Seigneur les bénisse. En cette période de pandémie, ils ont donné un exemple d’héroïsme et certains ont donné leur vie. Prions pour les infirmières et les infirmiers». Pour les Tchadiens, il est assez difficile de savoir qualifier les personnels de santé, tant les débats (vrais ou faux) sur leurs formations (lieux, manières et périodes) sont vagues à cerner. Force nous est imposé de les dénommer tous personnel de santé. De toutes les façons, pour les Tchadiens, ils sont tous des ‘’docteurs » étant donné que nous n’avons pas le temps de les distinguer tous, entre eux. Les Tchadiens font déjà beaucoup en les distinguant des « docteurs Tchoukou », ces autres agents informels de santé. Il faut tout d’abord craindre, en ces temps de coronavirus que ces « docteurs Tchoukou » risquent de provoquer plus de cas de contaminations entre les populations cibles qu’ils desservent habituellement. Les quartiers pauvres de grandes tchadiennes, en parlant de Ndjamena, telles que Walia, Habena, Moursal, Dembé, Toukra ou Amtoukoui… échapperont difficilement à ces risques.
Dans ses mots, le Pape François souligne le rôle des infirmiers comme agents de paix dans les services qu’ils rendent. En commentant l’évangile du jour (Jn 14, 27-31) surtout dans ce verset: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne», le Pape François a souligné qu’il s’agit de la paix qui vient de Dieu. En effet, il ne s’agit pas d’une fausse paix des lèvres que les infirmiers et infirmières puissent penser donner aux malades quand ils les soignent. Au Tchad, il est assez facile de savoir si l’infirmier ou l’infirmière transmet une paix vraie du vient de son cœur, sincère et sans aucune motivation. Ces infirmiers et infirmières et sont reconnus par la qualité de leur service sans distinction. Ce sont ces infirmiers et infirmiers qui n’exigent pas de récompenses de leurs malades en termes de biens matériels ou financiers. Il est vrai que les personnels de santé, face à des situations de discriminations salariales, sont vite tentés de tomber les favoritismes de services aux malades en traitant certains malades avec plus d’égard que les autres ou se gagnant la paix et l’aisance extérieures, mais comme dit le Pape François, cela est une «une paix qui coûte cher parce qu’il faut constamment changer les instruments de la paix: quand on est enthousiaste pour une chose, cela donne la paix pour une autre, puis cela s’arrête et il faut en trouver une autre… C’est cher parce que c’est temporaire et stérile». A tous ceux-là des personnels de santé exposés à ces risques de paix gagnées à manière du monde, il convient de rappeler que «la paix que Jésus donne, c’est autre chose. C’est une paix qui vous met en mouvement, elle n’isole pas, elle met en mouvement, elle fait aller vers les autres, elle crée une communauté, elle crée la communication. La paix du monde coûte cher, la paix de Jésus est gratuite, elle est gratuite: la paix du Seigneur est un don du Seigneur. Elle est fructueuse, elle fait toujours avancer».
Pour les Tchadiens, en cette journée des infirmiers et infirmières où le Pape François invite à la paix, à la vraie paix qui vient de Dieu, cette prière se transforme en chants populaires que devraient reprendre toutes les personnes de bonne volonté en ce moment. Chaque Tchadien devrait donc, en ces temps de coronavirus et de difficultés sociales ressenties dans les moyens de communications, reprendre ces questions : «A quoi ressemble ma paix? Quand je rate quelque chose, est-ce que je me fâche? Ce n’est pas la paix du Seigneur. C’est l’une des preuves. Suis-je en paix, est-ce que je m’endors? Ce n’est pas la paix du Seigneur. Suis-je en paix, et je veux la communiquer aux autres et faire avancer les choses? C’est la paix du Seigneur. Même dans les moments difficiles, cette paix reste-t-elle en moi? C’est celle du Seigneur. Et la paix du Seigneur est fructueuse pour moi aussi parce qu’elle est pleine d’espérance, c’est-à-dire qu’elle regarde le Ciel». Il s’agit de la paix que chacun des Tchadiens doit cultiver à tout moment envers soi-même et envers les autres concitoyens. Les discours ordinaires entre frères et sœurs dans les milieux familiaux, entre concitoyens dans la rue, entre condisciples ou collègues de travail ne ressemblent pas vraiment à des expressions de paix et d’amour.
Les mots du Saint Père sont bien indiqués pour les Tchadiens en ce moment qui doivent œuvrer pour la paix du présent mais surtout aussi du futur. Car « cette paix, cette paix que Jésus nous donne, est une paix pour le présent et pour l’avenir. C’est de commencer à vivre le Ciel, avec la fécondité du Ciel. Il ne s’agit pas d’une anesthésie. L’autre paix, oui: vous vous anesthésiez avec les choses du monde et quand la dose de cette anesthésie se termine, vous en prenez une autre et une autre et une autre et une autre… C’est une paix définitive, fructueuse et contagieuse. Elle n’est pas narcissique, car elle se tourne toujours vers le Seigneur. L’autre regarde vers soi-même, elle est un peu narcissique». On ne peut mieux inviter à cultiver la paix que par ces mots, de croyances que ce soit. Si tous les Tchadiens pouvaient vivre pour la paix vrai et orientée vers le futur et non pas simplement une paix orientée ver soi-même, vers nos propres besoins. Cela nous éviterait de tomber une paix narcissique, une paix pour laquelle nous allons tous et toujours de plus en plus utiliser toutes nos forces. Pensons aux générations futures, pas besoin d’amnésier la mémoire des justifications évidentes. Pour cela tous les Tchadiens doivent penser à ce qu’ils feraient tous ensemble demain et non plus penser à ce qu’ils ont vécu ou ce que l’on leur a fait subir… Et pour cela reprenons ensemble cette prière du Pape François : «Que le Seigneur nous donne cette paix pleine d’espoir, qui nous rend féconds, qui nous rend communicatifs avec les autres, qui crée la communauté et qui regarde toujours vers la paix définitive du Paradis».
Que Dieu bénisse tous les infirmiers et infirmières, toutes ces personnes dévouées aux soins des autres avec humilité et efficacité. Prions et agissons pour que diminuent l’influence et les pratiques des « docteurs tchakou » au Tchad, pour que les Tchadiens aient de vrais médecins bien formés et consciencieux de leur métier, moins exposés aux précarités et aux gourmandises…