QUELQUES GÉNÉRALITÉS ET PREALABLES POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

QUELQUES GÉNÉRALITÉS ET PREALABLES POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX
  1. DIALOGUE INTERRELIGIEUX, UNE REALITE DU XX SIECLE!

Dans ces lignes, nous évoquons quelques idées du Magistère de l’Église et de la Compagnie de Jésus depuis Concile Vatican II à aujourd’hui sur le thème du dialogue interreligieux. Depuis quelques années, les sciences religieuses ont permis de mieux faire connaitre les religions, les uns par les autres. Le appel des documents servira de toile de fond pour expliquer ce que nous comprenons du dialogue interreligieux. Cela nous permettra d’exprimer le dilemme selon lequel le dialogue interreligieux est imposé de facto ou est rompu de jure. Les religions disposent du dialogue entre elles mais que les réalités, dans l’expérience concrète, s’imposent d’abord pour être reconnues plus tard. Cette argumentation que nous proposons est purement theorique. Nous partons de la situation concrete que nous offre d’abord l’état des lieux du dialogue interreligieux en général; et des efforts de la Compagnie de Jésus dans le domaine du dialogue interreligieux pour avancer raisons pour lesquelles opter pour une forme de dialogue à travers la voie philosophique.

L’importance du theme au sein de l’Église et pour ses relations avec les autres religions nous invite à une présentation plutôt philosophique que theologique. Nous suivrons les arguments qui vont du Concile Vatican II aux efforts d’aujourd’hui. L’histoire récente du dialogue interreligieux nous appelle à une compréhension interdisciplinaire et synchronique, voire philosophique. Pour l’argumentation, nous utiliserons principalement les sources des Écritures, les documents de Vatican II, les documents du Magistère faisant référence au sujet du dialogue interreligieux depuis le Concile Vatican II et les documents de la Compagnie de Jésus faisant référence à ce sujet. Les livres et articles choisis s’inspirent de domaines variés: théologie, philosophie, sociologie et expériences apostoliques.

  1. Dialogue à partir des présuppositions http://http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/interelg/documents/rc_pc_interelg_doc_20201106_deepavali-2020_fr.html

Il nous semble important de faire quelques observations comme suit: il n’existe pas de forme unique de dialogue entre les religions ou les traditions culturelles, à chaque fois que les sociétés se terminent par des formes de sécularisation sans cœur ou d’intégrisme religieux qui finit par etre dangereux. Dans cette situation, nous pensons que les formes de dialogue les plus appropriées peuvent être celles menées dans les domaines sociopolitiques dans les sociétés de christianisme libéral.

Le théologien moraliste Marciano Vidal nous propose une réflexion sur la nécessité d’un dialogue des religions de son point de vue théologique qui nous permet d’avancer notre argumentation. C’est ce que nous qu’il (‘’Pluralismo en la historia de la teología’’) dans Revue Sal Terrae septiembre 2014, 285-297. Pour lui, par essence et du point de vue épistémologique, la théologie présente une unité qui ne doit pas être brisée par les exercices des théologiens ou par les traditions des croyants. La pluralité permet alors de faire de la théologie de manière complète et impartiale. On comprend donc qu’il est logique de dire que «les systèmes moraux sont meilleurs: le plus grand signe de pluralisme dans l’histoire de la morale catholique». Les systèmes moraux ou religieux favorisent les systèmes politiques dans les sociétés démocratiques. Les deux systèmes favorisent donc la liberté religieuse et politique et permettent une vie sociale de croyant et de non-croyant sans confrontation sinon tolérance mutuelle.

Dans tous les cas, pour conclure sur les valeurs morales, religieuses et morales, les dimensions mystiques des religions et autres capacités sont toutes des ressources pour une bonne vie sociopolitique inclusive. Cette vie est la forme d’un dialogue interreligieux à travers ce qui se vit en société. Dans ce sens de la politique et de la religion, nous pouvons présenter la vision de Stanislas Breton, le missionnaire passioniste, dans un livre sur l’unicité et le monothéisme qui nous permet également de conclure à notre manière (cf BRETON, S., Unicité et monothéisme. Une approche philosophique, Paris, Le Cerf, 1981). Selon lui, il y a trois manières d’affirmer l’unicité de Dieu:

  • l’unicité de l’exclusion qui rejette toute pluralité religieuse. Cela engendre le fondamentalisme ou le fondamentalisme;
  • l’unicité d’intégration qui signifie que toutes les formes d’expression religieuse doivent être conciliées. Elle présuppose une religion qui sert aussi de cette forme d’unité mais génère une violence systématisée;
  • l’unicité d’indifférence est une approche de la religion comme une relation avec Dieu sans regarder ce que font les autres, ni socialement ni religieusement. La violence sociale est toujours présente et insaisissable car, en fait, l’indifférence apparaît comme une licence pour la violence qui n’est pas immédiatement religieuse.

Ces trois formes d’unicité concernent donc toutes les réalités humaines. Ce sont en fait ces trois régimes qui sont pour la plupart pratiques (et moins sont théoriques). Ils correspondent à des pratiques et des comportements sans exclure leurs différentes formes historiques: excommunications, inquisitions, anathèmes, jihads, fondamentalismes, fondamentalisme …

L’Eglise est consciente que le chemin de la démocratie, s’il exprime mieux la participation directe des citoyens aux élections politiques, repose sur une juste conception de la personne et des biens de la terre. Sur ce principe, l’engagement des chrétiens ne peut céder à aucune indifférence quant à l’injustice. Sinon, ce serait le témoignage de la foi chrétienne dans le monde qui serait affecté, ainsi que l’unité et la cohérence intérieure de la vide des fidèles eux-mêmes. Mais vu les réalites actuelles de notre monde, il est préferable de commencer par les relfexions philosophiques pour éviter des malentendus. Et de cette amnière, permet ne peut dire qu’il n’est pas concerné. Toutes les theologies ont la philosophique comme porte d’entrée. En effet, la philosophies est servante de la theologie, la sciences profanes des idées est portique à l’entrée des mondes des theologies.

  1. OPTION PHILOSOPHIQUE DE DIALOGUE

La logique politique inclut ou rejette les forces religieuses. En conséquence, il convient de se souvenir de l’importance des forces existantes dans une société. Ce sont logiquement les pouvoirs qui génèrent des conflits et leur exercice de violence. C’est pourquoi il faut distinguer les pouvoirs suivants:

– Le pouvoir de l’Etat, qui est un pouvoir de responsabilités dans les décisions relatives à l’organisation de la vie sociopolitique. L’État a la capacité de contraindre et le droit à la coercition pour le bien commun.

– Le pouvoir des élites qui représentent des modèles de société, leur vision influence celle des autres citoyens. Ce pouvoir vient de la capacité de transformer l’imagination des autres et, ce faisant, leur comportement.

– La puissance des forces économiques: les forces économiques découlent de l’appréciation faite de la capacité à gérer des ressources personnelles ou collectives. Ils reflètent les capacités des individus et des institutions.

– Le pouvoir des institutions religieuses, qui est un pouvoir de foi, au service du développement. Ce pouvoir vient de la capacité de transformer les ressources reçues personnellement (expériences de foi) en sources de comportement individuel ou collectif.

– Le pouvoir des pauvres qui sont caractérisés comme ceux qui n’ont aucun pouvoir. Mais il convient de noter qu’ils ont un pouvoir psychologique et moral. Sa présence dérange ceux qui ont un minimum de sens moral, de solidarité et de justice.

Il est alors possible de se tourner vers le libéralisme politique et le pluralisme religieux qui sont aujourd’hui des réalités inévitables. En ce sens, on peut citer la pensée du philosophe français Jacques Maritain, promoteur de la démocratie chrétienne, qui estime que les liens entre libéralisme, démocratie et christianisme sont essentiels (et découlent de l’essence de la religion et de la politique). C’est la position résumée par Yves FLOUCAT, dans le Bulletin de Littérature Ecclesiastique (Janvier-mars 2003). A cet égard, il parle de trois (3) significations de la démocratie: a) la démocratie comme tendance sociale (cf. catholicisme social); b) la démocratie politique (une forme d’état de droit) et c) le démocratisme (qui est un mythe religieux de la démocratie).

L’essence de la religion comme rapport à Dieu et aux autres, et celle de la politique comme art de gouverner la société (souci de rendre compte de l’expérience sociale), sont deux réalités sans doute liées à l’être humain. Les implications mutuelles sont telles qu’il faut parler de l’enjeu indéniable de la politique et de la religion.

Nous avons pu parler des liens entre politique et religion sous plusieurs aspects: la primauté de la religion sur la politique, la subordination de la religion à la politique, la séparation de la religion et de la politique et certaines positions critiques contre des positions différentes En fait , Le christianisme naît comme une nouvelle société et se développe. Elle influence les structures existantes dont elle se distingue par les choix de vie de ses adeptes (les chrétiens vivent dans le monde et se distinguent par leur vie chrétienne).

Le christianisme assurait le passage d’une société occidentale médiévale à une autre et s’y distinguait toujours (des deux mondes, de la politique et de la religion, entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux). En fait, le pouvoir spirituel de l’Église est toujours basé sur une puissante structure temporelle (juridictions appropriées, sujets propres, médias, etc.). L’Eglise reste en relation perpétuelle avec le pouvoir civil. C’est un type d’État qui se développe en parallèle, mais aussi le sein des États (et en effet les structures étatiques du Vatican le confirment).

De ces éléments de la présentation, nous tirerons la conclusion pourquoi certains aspects du dialogue l’affaiblissent plus que d’autres. Ainsi, la peur de perdre la fidélité à Dieu nous servira en même temps comme un appel à annoncer et diffuser la religion, deux attitudes présentes dans toutes les religions. De là, nous pourrons proposer quelques initiatives pour l’avenir: des rencontres pour profiter d’une spiritualité du sport, comme lieux de rencontre et de dialogue.

Madrid, 20 janvier 2021

Camille Manyenan Nodjita, sj.

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